Top 14: Enorme combat au Vélodrome! Et le RC Toulon brise le rêve de La Rochelle (18-15)

RUGBY La première demi-finale du Top 14 a donné lieu à une énorme bagarre entre La Rochelle et Toulon. Les Varois l’emportent sur le fil, grâce à un drop sur la sirène d’Anthony Belleau…

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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Ouch.

Ouch. — F. Pennant / AFP

  • Devant 63.642 supporters chauds bouillants, Toulon s’est qualifié pour la finale du Top 14 en battant La Rochelle (18-15).
  • Le tournant du match est l’expulsion du Rochelais Pierre Aguillon pour placage dangereux.
  • Toulon affrontera le vainqueur du match Clermont-Racing 92, ce samedi à 17 heures.

Marseille n’est pas une ville de rugby, alors quand le rugby vient à Marseille, il fait les choses en grand. Des supporters partout dans la ville toute la journée, un joyeux bordel sur le Vieux-Port et autour du Vélodrome. Et à l’intérieur alors ? Un vrai match de phase finale, appellation d’origine rugbystique contrôlée. Si vous suivez le rugby, vous connaissez les principaux ingrédients : un énorme combat, du jeu d’avants et un terrible suspense.

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100 % pour Brock James… Et 0 % pour Zack Holmes

Suspense en fait relancé par l’arbitre, Pascal Gauzère, à la 51e minute. La Rochelle, avec 9 points d’avance et grâce à un Brock James parfait (100 % de réussite), semblait prendre la route du Stade de France. Sauf que le centre charentais Pierre Aguillon a écopé d’un carton rouge - violemment contesté par les supporters rochelais - après avoir retourné James O’Connor. Etait-ce une conséquence de la vitesse de l’action ou un placage délibérément violent ? En tout cas la tête peroxydée de l’amateur de cocaïne s’est violemment écrasée sur la pelouse du Vélodrome.

A 15 contre 14, ce n’était pas du tout la même limonade pour les Toulonnais : grâce à Halfpenny (qui n’a raté qu’une pénalité, la première du match), ils ont prudemment rattrapé leur retard. Toujours aussi peu inspirés, ils ont fait trembler leurs supporters, offrant au Charentais Zack Holmes deux occasions de prendre le large, en autant de pénalités lointaines (toutes deux manquées). Et c’est le jeune Anthony Belleau (21 ans, 3e titularisation) qui a fait exploser le Vélodrome, en marquant le drop de la victoire sur la sirène.

Je ne sais pas s’il y a rouge, je ne connais pas les règles ! Je suis pilier, moi !"

C’est évidemment cruel pour les Rochelais : leur belle histoire (leader de la phase régulière du Top 14 trois ans seulement après leur montée, avec le 12e budget du «meilleur championnat du monde ») s’interrompt sur une décision arbitrage. « Je suis désolé pour eux, ça trompe le match », reconnaît le Toulonnais Guilhem Guirado. L’entraîneur charentais Patrice Collazo a lui (et c’est tout à son honneur) refusé de commenter ce fait de jeu : « Je n’ai rien à dire là-dessus ». Et Mike Corbel, il en pense quoi ? « Je ne sais pas s’il y a rouge, je ne connais pas les règles, je suis pilier, moi ! »

Tampons, commotions et vrai-faux « Marvel »

Dans les bars marseillais et sur les réseaux sociaux, les supporters du Stade Rochelais se torturent le cerveau avec cette décision arbitrale. On leur suggère un deuxième sujet de conversation : la violence du rugby que l’on a vu ce vendredi soir au Vélodrome, avec ses ailiers qui pèsent 110 kilos.

Comme lors du barrage entre Toulon et Castres, ça a donc tabassé, ça a donc plaqué, ça a donc raffûté ce vendredi soir au Vélodrome. Le rochelo-fidjien Levani Botia avait lancé les hostilités à la 7e minute, avec un énorme tampon sur Romain Taofifenua, pourtant pas le plus fragile des Toulonnais (2 mètres, entre 120 et 133 kg selon la police ou les manifestants). Il est d’ailleurs sorti sonné à la 42e, séché par le pilier rochelais Boughanmi.

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On a aussi tremblé pour le pauvre ailier charentais Vincent Rattez, qui a reçu dans le buffet un Joshua Tuisova lancé. A noter enfin les deux sorties sur commotion : du Charentais Uini Atonio, mis KO par Mathieu Bastareaud, et de James O’Connor, donc, après la faute d’Aguillon.

Les Toulonnais « imposteurs »

Bref, l’infirmerie de Toulon, déjà blindée (Delboulbès, Chilachava, Trinh-Duc, Habana) s’est sans doute encore un peu plus remplie (O’Connor, Taofifenua). Mais peu importe : le RCT, toujours aussi peu flamboyant, est en finale du Top 14. « Mais on se sent comme des usurpateurs. On finit 4e, on ne fait pas une belle saison », a juré, tout sourire, Mourad Boudjellal.