Marseille: Toujours plus! Après les plots de chantier, les poubelles pour garder «sa» place de parking

REPORTAGE Un mois après notre dernier article, retour dans le quartier de l'hôpital Nord, célèbre pour ses pratiques innovantes en matière de stationnement...

Jean Saint-Marc

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Des bidons, des poubelles renversées, des barrières... On n'arrête pas le progrès.

Des bidons, des poubelles renversées, des barrières... On n'arrête pas le progrès. — S. B.

  • Les habitants du quartier de l'hôpital Nord se méfient et utilisent moins les plots de chantier pour garder leurs places de parking. Ils testent d'autres techniques (pas plus légales)
  • La police municipale a fait des rappels à l'ordre mais n'aurait pas dressé de PV pour l'instant

Les hommes politiques aiment bien la fermeté. Les formules autour de ce thème-là comptent parmi leurs éléments de langage préférés. Un drame à l'étranger, une phrase polémique d'un adversaire ? On «  condamne avec la plus grande fermeté ». Des abus quelconques ? Les autorités « feront preuve de la plus grande fermeté ».

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Démonstration par l’exemple. Un abus, d’abord : des automobilistes marseillais, à proximité de l’hôpital Nord, utilisent des plots de stationnement pour protéger « leur » place de parking. 20 Minutes consacre un article ( par ici !) au sujet et contacte l’adjointe au maire de Marseille en charge de la sécurité, Caroline Pozmentier. Devinez quoi ? Gagné, la fermeté. « On va envoyer des équipages de police municipale dans le quartier, aucune pratique de ce genre ne peut être tolérée. La police va mettre des amendes. »

Bidons, barrières, poubelles

Un peu plus d’un mois plus tard, on se demandait si les choses avaient changé. La réponse tient en deux mots : pas vraiment. Les plots sont peut-être plus discrets, moins nombreux. Mais on découvre d’autres « indésirables » sur les places de parking, devant les trottoirs : des bidons, des barrières, des poubelles (sans doute la technique la plus populaire). « De pauvres astuces, s’énerve Salah. Franchement, y a de l’abus ! »

Et la police municipale, dans tout ça ? Elle se fait discrète, selon les habitants du quartier. « Je ne les ai jamais vus », sourit Roselyne, qui vit plus haut dans la rue. « Dans les quartiers Nord, y a peut-être des secteurs où ils vont plus souvent », lâche une maman qui va chercher sa fille à l’école.

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119 patrouilles dans le quartier (en cinq mois) et… des rappels à l’ordre

Contactée par 20 Minutes, la mairie de Marseille avance un bilan chiffré : 119 missions de police municipale ont été menées dans le quartier du 1er janvier à début mai. 546 voitures mal garées ont été verbalisées. Et les plots ou poubelles alors ? Ou plutôt «  l’occupation illégale de l’espace public », passible d’une amende de 1.500 euros ? « On est dans une phase de prévention, avec des rappels à l’ordre systématique. Cette phase s’achève à la fin du mois de mai. » Tremblez, dangereux contrevenants : le temps de la répression viendra.

Une enquête dans l'impasse.
Une enquête dans l'impasse. - J.S.-M. / 20 Minutes

Tiens, à propos de contrevenant. En nous baladant dans le quartier, on a croisé Nicole* en train de déposer ses ordures dans une poubelle… Bien installée sur une place de parking, et pas sur le trottoir. Dans le jardinet, devant le petit pavillon, on aperçoit une demi-douzaine de plots de signalisation, fraîchement rangés.

« On va faire quoi ? »

« Les policiers sont venus, alors on a levé les plots ! Les poubelles non plus, on n’a pas le droit ? s’interroge la presque octogénaire qui s’énerve alors un peu. Comprenez-nous, avec mon mari on est handicapés, on n’arrive plus à marcher. On va faire quoi ? Aller se garer là-haut, pendant que les gens de l’hôpital [qui fuient le parking hors de prix] se mettent devant chez nous ? »

* Le prénom a été modifié.