VIDEO. Gouvernement : La fierté d’Arles d’avoir une ministre de la Culture

REPORTAGE A Arles, tout le monde ne parle que de la nomination de Françoise Nyssen au ministère de la Culture…

Adrien Max

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A Arles, la libraire des éditions Actes Sud de Françoise Nyssen, ministre de la Culture.

A Arles, la libraire des éditions Actes Sud de Françoise Nyssen, ministre de la Culture. — Adrien Max / 20 Minutes

  • Les gens qui ont fréquenté Françoise Nyssen la voient comme une très bonne ministre de la Culture.
  • La culture est très présente dans la ville, en partie grâce à Françoise Nyssen.

En se promenant dans les ruelles ombragées d’Arles ( Bouches-du-Rhône), il suffit de tendre l’oreille pour entendre le nom de la nouvelle ministre de la Culture, Françoise Nyssen. Il est sur toutes les bouches. A part, peut-être, sur celles de ces élèves d’un collège toulousain en visite dans la ville, et dont les professeurs profitent de l’occasion pour passer devant Actes Sud. « C’est la maison d’édition de notre nouvelle ministre de la Culture. Vous connaissez son nom ? », ose l’un des deux professeurs. Silence dans les rangs, personne ne sait à part un élève. « Mais on n’a pas la wifi », tentent de se justifier les autres.

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« On était en réunion »

A l’intérieur de la librairie qui porte le même nom que la maison d’édition et qui partage le même bâtiment, les employés ont appris la nouvelle comme tout le monde. « On était en réunion, un collègue nous dit « tiens, je vais regarder le gouvernement », et là… surprise ! », raconte Bénédicte, salariée depuis cinq ans. Une telle surprise, que le fameux collègue a dû répéter trois fois le nom de sa directrice pour convaincre les autres.

Ici, tous sont très fiers de cette nomination et n’ont aucun doute sur les capacités de la nouvelle ministre. « Elle sait se battre pour les bons sujets. Elle s’intéresse aussi à l’environnement et à l’éducation en plus de la culture. », ajoute Charlotte, une autre employée. Les deux femmes expliquent que beaucoup de clients sont venus pour les féliciter. « C’est aussi un peu notre victoire à nous », s’amusent-elles.

20 % travaillent dans la culture

Annie, 65 ans, n’habite pas à Arles mais dès qu’elle s’y rend, elle ne peut s’empêcher de venir arpenter le sol en bois de la librairie d’Actes Sud. « J’aime beaucoup madame Nyssen, c’est une femme d’une grande maturité, qui a du flair et de l’audace », détaille Annie avant de conclure « J’espère qu’elle deviendra une grande ministre, elle correspond au profil. »

Si la culture a un rôle important dans une ville, c’est bien à Arles. Le plan local d’urbanisme interdit toute nouvelle construction à cause des risques d’inondation, la ville a choisi de miser sur la culture depuis une vingtaine d’années pour se développer. Elle compte sept musées, et environ 20 % de la population active travaille dans la culture, ou dans l’enseignement de la culture.

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Placer la culture au cœur des villes

Françoise Nyssen a joué un rôle important dans ce choix stratégique, comme l’explique Hervé Schiavetti, le maire de la ville. « Elle fait un super-travail avec Actes Sud, ce sont des acteurs très important qui ont redonné une place à Arles dans le champ de la culture. Elle aime la placer au cœur de la ville, en dehors des murs des musées. », explique-t-il, ravi de sa nomination. En plus de leur maison d’édition, Françoise Nyssen et son mari Jean-Paul Capitani, possèdent un cinéma d’art et d’essai et ils organisent un festival de Jazz, entre autres.

Yolande Clergue, femme de Lucien Clergue, grand photographe et ami de Pablo Picasso, connaît Françoise Nyssen depuis la création des éditions Actes Sud. Elle n’a aucun doute sur la capacité de l’arlésienne à tenir son rang de ministre. « Elle a le sens des arts et elle est très forte pour entreprendre. Cette nomination c’est quelque chose qui devait arriver, ça fait partie d’elle », conclut Yolande Clergue. Quand on a connu autant de destins singuliers que la dame de 88 ans, difficile de se tromper.