Hautes-Alpes: Des migrants menacés d'expulsion entament leur huitième jour de grève de la faim

PROTESTATION Un collectif interpelle le président de la République... 

20 Minutes avec AFP

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Ils sont hébergés à Embrun.

Ils sont hébergés à Embrun. — Capture d'écran.

  • Huit migrants de 20 à 40 originaires du Soudan et de l'Erythrée font une grève de la faim pour protester contre leur expulsion
  • Ils sont actuellement hébergés à Embrun, dans les Hautes-Alpes
  • Aucun n'a obtenu le droit de déposer une demande d'asile

« Si je retourne dans mon pays, ils me tuent », dit le Soudanais Khalid qui entame jeudi, avec une vingtaine d’autres migrants hébergés à Embrun (Hautes-Alpes), son huitième jour de grève de la faim pour protester contre sa prochaine expulsion.

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Âgés de 20 à 40 ans, venus du Soudan et de l’ Érythrée et hébergés au centre d’accueil et d’orientation (CAO) d’Embrun, ils sont « susceptibles d’être renvoyés dans leur pays d’entrée de l’espace Schengen comme le prévoit le règlement européen Dublin III », explique Jean-Michel Flandrin, porte-parole de l’inter-collectif Migrants Alpins - qui regroupe une quinzaine d’associations et collectifs dans les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes et la Savoie.

Aucun droit de demande d’asile

« Un recours a été déposé devant le tribunal administratif de Marseille par France Terre d'asile et notre départ est suspendu », précise le Soudanais Adam, 42 ans, porte-parole des grévistes de la faim. Deux d’entre eux ont déjà leurs billets pour la Norvège et sept pour l’Italie, ajoute le doyen du groupe, arrivé en France en septembre.

Aucun n’a obtenu le droit de déposer une demande d’asile en France - procédure notamment « refusée à six Soudanais sur sept qui pouvaient demander l’asile », proteste Michel Rousseau, de l’association Tous Migrants à Briançon - et ils sont pessimistes sur leurs chances d’aboutir en Italie.

Une lettre à Macron

Un représentant de la préfecture a prévenu mercredi les migrants, indique Adam : « Si vous n’arrêtez pas la grève de la faim, nous prendrons des décisions rapides. D’une façon ou d’une autre, la loi sera appliquée. » Sollicitée, la préfecture n’a pas fait de commentaires, faisant valoir la période de réserve électorale.

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L’inter-collectif a demandé dans une lettre au président de la République Emmanuel Macron « de faire cesser les demandes de transferts de "dublinés" que la France a formulées auprès d’un Etat voisin. […] Cela permettrait aux migrants qui le souhaitent de déposer leur demande d’asile en France ». Plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées samedi devant la préfecture des Hautes-Alpes pour soutenir les grévistes de la faim.