Les cyclistes marseillais n'ont pas fini de slalomer entre les voitures.
Les cyclistes marseillais n'ont pas fini de slalomer entre les voitures. - Boris Horvat / AFP
  • La métropole Aix-Marseille Provence a été condamnée pour ne pas avoir réalisé une piste cyclable dans une rue rénovée.
  • La métropole a défini un plan du développement de la pratique du vélo, aucune mesure concrète n’y figure.
  • Les cyclistes dénoncent le manque d’infrastructures pour la pratique du vélo.

Sortie de route pour la métropole. La semaine dernière, la métropole Aix Marseille Provence a été condamnée pour ne pas avoir réalisé de piste cyclable dans une rue rénovée. La loi « LAURE » (Loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie) impose à la ville qui rénove ou créer une voirie, de réaliser des aménagements pour les cyclistes. Ce qui n’était pas le cas dans l' avenue Desautel, dans le 9e arrondissement de Marseille.

Rien de concret

Ce jugement reflète le retard pris par Marseille dans la pratique et la démocratisation du vélo. Pourtant, le plan de mobilité mis en place par la métropole au début de l’année prévoit le développement des « modes actifs », à savoir le vélo, le skateboard, ou encore la marche. Mais à y regarder de plus près, ce sont essentiellement des grandes orientations qui sont définies, rien de concret ne ressort de ce plan. S’il est clairement indiqué que « l’aménagement et l’organisation du rabattement à pied et à vélo sur les pôles d’échanges sont une priorité », ceci s’inscrit davantage dans une complémentarité des modes de déplacement qu’un véritable développement du vélo.

La métropole veut aussi démocratiser la pratique du vélo pour désengorger les centres-villes. Pour cela elle prévoit « une action forte pour développer les infrastructures cyclables et requalifier les espaces publics, sans oublier l’intérêt des autres leviers ». Là, on comprend qu’en réalité, rien n’est vraiment planifié. Les « autres leviers » ne sont pas détaillés. Le plan de mobilité évoque aussi « une équipe et un budget dédiés aux mobilités actives » ou un « plan global pour les mobilités actives engagé à partir de 2017. »

Mais quel est ce budget ? Qui forme cette équipe ? Quel est ce plan global ? Aucune réponse de la part de la métropole qui renvoie vers le plan de mobilité. Malgré les nombreuses relances de 20 Minutes pour avoir des précisions, la seule réponse de la métropole ne varie pas : « Contentez-vous du plan de mobilité. » Encore et toujours… La métropole a bien défini une feuille de route, pas très détaillée. Pour la mise en œuvre, contentez-vous de slalomer entre les voitures à vos propres risques.

« La pire ville pour faire du vélo »

Héloïse, 28 ans, connaît bien les problèmes quotidiens des cyclistes. Elle qui fait tout à vélo, même lorsqu’elle visite d’autres villes. « Beaucoup de cyclistes que je côtoie trouvent que Marseille est la pire ville pour faire du vélo. » La première mesure qu’elle prendrait après la création de pistes cyclables ? « L’aménagement de parking à vélos, il n’y a pas d’endroit où on peut garer son vélo en toute sécurité. » Elle ne conseille à personne de laisser sa monture seule dans la nuit, au risque de ne plus jamais la retrouver.

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Philippe Buffard, président du collectif Vélo en ville partage le point de vue d’Héloïse. La multiplication des pistes cyclables et la création de parking sont essentielles. Il aimerait aussi la création de location de longue de durée. Mais ce qu’il souhaite le plus, c’est une évolution des mentalités. « Si on prend l’exemple de l’avenue de Desautel, on passe pour des emmerdeurs. Alors que la pratique du vélo c’est un progrès social, on ne pollue pas, c’est bon pour la santé. » Visiblement, les cyclistes n’ont pas fini de passer pour des « emmerdeurs » à Marseille.

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