Marseille organise la «coexistence pacifique entre le pigeon et l'homme»

ANIMAUX Le huitième pigeonnier contraceptif de Marseille a été inauguré ce vendredi au parc de la Mirabelle…

Mathilde Ceilles

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Un pigeon de centre-ville (illustration).

Un pigeon de centre-ville (illustration). — Paul Brown / Rex Features

  • Les œufs pondus dans les pigeonniers sont secoués pour empêcher leur développement
  • Les pigeons engendrent des nuisances sonores et sanitaires selon la ville de Marseille

« Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre… ». Enfin pas trop quand même. Ce vendredi, un pigeonnier contraceptif a été inauguré vendredi dans le 12e arrondissement de Marseille afin de réduire le nombre de pigeons dans la cité phocéenne. Explications.

Quel est le problème ?

Selon l’adjoint au maire chargé de l’animal dans la ville Guillaume Jouve, il s’agit d’instaurer « une politique de coexistence pacifique entre le pigeon et l’homme », reprenant ainsi les arguments déjà mis en avant dans sa campagne de stérilisation des goélands. Dans un communiqué, la municipalité précise qu’elle fait face à une « surpopulation des pigeons en ville », malgré un arrêté municipal interdisant formellement de nourrir ces oiseaux. Entre « 150 et 250 plaintes » liées à cet animal ont été enregistrées par la mairie selon l’élu.

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Un phénomène qui « engendre des conséquences néfastes sur l’environnement, telles que la dégradation des infrastructures, des nuisances sonores », selon le communiqué, sans compter « les risques sanitaires ».

Les élus devant le pigeonnier
Les élus devant le pigeonnier - Mathilde Ceilles

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Qu’est-ce qu’un pigeonnier contraceptif ?

Cette petite cabane en bois planté dans un coin du parc de la Mirabelle, dans le 12e, peut accueillir jusqu’à cent pigeons. Les oiseaux sont capturés, placés en quarantaine dans le pigeonnier où ils ont à boire et à manger. Des techniciens se chargent de secouer les œufs pour stopper leurs développements, à raison d’un œuf sur deux. Une fois relâchés, les oiseaux reviennent sur place et ramènent même des congénères selon la municipalité. Rien que sur les 11e et 12e arrondissements, « 1.000 pigeons ont été capturés » selon Laurence Luccioni, adjointe à la mairie du secteur chargée de la politique de la ville, du handicap et de la protection animale.

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Une méthode présentée par la ville comme douce, contrairement à ce qui se fait ailleurs. « Certaines municipalités font en sorte de les tuer », affirme Moniquer Cordier, adjointe à la ville de Marseille chargée des espaces naturels et des jardins.

Le pigeonnier contraceptif
Le pigeonnier contraceptif - Mathilde Ceilles

Pourquoi sont-ils placés dans des jardins ?

Ce pigeonnier est le huitième inauguré par la ville, le premier ayant pris place il y a quatre ans au Parc Borély. Point commun entre tous : ils sont installés dans les parcs et jardins de la ville, à deux titres. D’abord, afin d’optimiser les chances de plaire à ces petites bêtes, dans un endroit à l’abri du vent et ensoleillé l’été. Mais aussi, dans l’espoir que ces oiseaux investissent plus souvent les arbres que les trottoirs… Deux autres pigeonniers contraceptifs pourraient être inaugurés en 2018 au Jardin du Pharo et au Parc du Corbusier.

*Contactée, la Ligue de protection des oiseaux n’a pour le moment pas donné suite à nos sollicitations.