Fermeture d'usine: Aerofarm, le Whirlpool marseillais

ECONOMIE Il y a un an, la ministre du travail, Myriam El Khomeri, visitait l’usine Aerofarm de Marseille. Un an plus tard, elle devrait fermer ses portes…

Adrien Max

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Les salariés d'Aerofarm lors de leur grève

Les salariés d'Aerofarm lors de leur grève — Claude Frentzel

  • L’entreprise d’aérosols pharmaceutiques Aerofarm devrait fermer ses portes à la fin du mois de juin.
  • Les 50 salariés se battent pour obtenir un plan de sauvegarde de l’emploi qui correspond à leur investissement dans l’entreprise.

C’est un coup de massue qu’ont reçu les 50 employés de l’usine Aérofarm, qui produit principalement des aérosols pharmaceutiques à Marseille. L’usine, filiale du groupe Faréva, avait reçu la visite de la ministre du Travail Myriam El Khomeri il y a un an, l’entreprise ayant bénéficié d’aides pour l’embauche des jeunes. Pourtant, ils ont appris en janvier que leur usine devrait définitivement fermer ses portes à la fin du mois de juin.

Erreurs stratégiques

« L’usine marchait bien, on embauchait. On a un savoir-faire très ancien, on est les spécialistes de l’aérosol », rappelle Claude Frentzel, délégué du personnel. La direction justifie sa décision par la perte d’un marché important. Mais « on savait très bien qu’on allait le perdre : on utilisait une substance interdite par l’agence du médicament. Personne n’a anticipé », affirme Claude Frentzel.

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Si l’idée de trouver un repreneur semblait privilégiée par toutes les parties, cette option paraît de moins en moins probable. Les visites du site n’ont rien donné. Il reste encore un mince espoir : selon nos informations, deux sociétés intéressées doivent s’y rendre cette semaine.

En cas d’échec, il reste le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). « Tout ce qu’ils nous proposent c’est un reclassement au sein de leur maison mère en Ardèche », se désole le délégué du personnel. L’entreprise Aerofarm investit actuellement sur ce site, qu’elle agrandit avec 1.200 m2 de locaux. Un seul salarié serait tenté par cette proposition.

Une contrepartie respectueuse

Les salariés réclament un mois et demi de salaire par année d’ancienneté, ainsi qu’un accompagnement dans la recherche d’un nouvel emploi. « On a peur. 18 salariés ont plus de 50 ans, on sait qu’on va avoir du mal à retrouver du travail », explique Claude Frentzel qui, lui, travaille depuis 31 ans chez Aerofarm.

L’entourage de la sénatrice PS Samia Ghali, qui dit suivre de près ce dossier, considère que l’entreprise pourrait aller plus loin dans ce PSE : « Si l’on considère les moyens de la maison mère Fareva, le plan n’est pas assez ambitieux. »

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Contactée, la direction de l'entreprise n'a pas souhaité réagir.