• Ancien socialiste, il a quitté le parti
  • Il était porte-parole d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle

Quiconque s’est intéressé un peu à cette dernière campagne présidentielle l’a déjà aperçu sur un plateau de télévision. Porte-parole d’En Marche !, le député des Alpes-de-Haute-Provence  est nommé secretaire d’Etat en charge des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement d’Edouard Philippe. Zoom sur celui qui a soutenu Emmanuel Macron dès le départ.

>> A lire aussi : VIDEO. Qui sont les possibles futurs ministres du gouvernement d’Edouard Philippe?

Il s’est engagé en politique pour Michel Rocard. « Je voulais le défendre de l’intérieur, j’étais jeune et impétueux, s’amuse-t-il. Je croyais en la volonté transpartisane, en son big bang politique. » Lycéen, il prend donc sa carte au Parti socialiste et milite au côté de Patrick Allemand, aujourd’hui conseiller municipal à Nice qui voit en Christophe Castaner « un compagnon de route militant ». « Il a toujours été un leader, quand on lui confiait des responsabilités, il essayait toujours de faire de son mieux » affirme-t-il. Le natif d’ Ollioules (Var), arrivé dans les Alpes-de-Haute-Provence dans l’enfance, a ensuite fait ses armes (politiques) auprès de la ministre de la Culture Catherine Trautmann et de Michel Sapin, alors ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’État. Il est également maire de Forcalquier (Alpes de Haute-Provence) depuis 2001.

Il assume un « côté kéké » Dans un grand éclat de rire, Christophe Castaner le confesse : « Je suis une grande gueule, un frimeur. Je fais attention à ce que mes costumes soient originaux, je cultive ma barbe de trois jours…. Tous les politiques ont un égo surdimensionné, mais moi je le sais ! » Le maire de Forcalquier est souvent décrit comme une « belle gueule », comme l’analyse Jean-Claude Castel, son adversaire divers droite lors des dernières législatives. « C’est un homme intelligent, charmeur et au physique agréable. C’est plus facile quand tu es beau gosse et que tu fais 1,80 m, même en politique ! », lance-t-il. Une « image réductrice » qui parfois agace le principal intéressé, qui regrette que l’une des principales recherches Google à son sujet consiste « à savoir s'[il] a une meuf ! »

>> A lire aussi : Les infos immanquables du jour: Mélenchon et son triangle rouge, Macron avant/après et manifs ni Macron ni Le Pen

Il a déjà affronté une Le Pen. En 2015, alors que le président socialiste de la région PACA annonce qu’il ne se représente pas, Christophe Castaner, ancien vice-président du conseil régional, est investi comme tête de liste, face à Christian Estrosi pour les Républicains et Marion Maréchal-Le Pen pour les frontistes. Mais, au second tour, les socialistes n’obtiennent que 16,59 % des voix, et une triangulaire entre le Front national, en tête, les Républicains et les socialistes se profile.

Le soir du premier tour, il annonce qu’il se retire. Une vraie « preuve de courage » pour Patrick Allemand, une décision prise en échange d’un poste promis de « secrétaire d’Etat » selon Sébastien Ginet, conseiller municipal Les Républicains à Forcalquier et futur adversaire de Castaner aux législatives, un « deal » avec Estrosi en vue des législatives selon Jean-Claude Castel. Le principal intéressé l’assure : « Aucune promesse politique, aucun deal, c’est une connerie totale, affirme-t-il. La question était : "Est-ce que je vais faire élire Marion Maréchal-Le Pen présidente de la région ?" Il était hors de question d’infliger aux habitants de Paca ces gens-là ».

Il a été rapporteur de la Loi Macron. A l’époque de sa candidature aux régionales, tous les articles qui sont consacrés à Christophe Castaner notent un manque de notoriété. Dans un article de 2015, RTL déplore même le fait que son nombre de followers sur Twitter ne culmine qu’à quelque 3.600 personnes. Deux ans plus tard, il en compte presque 12.000. La raison ? Emmanuel Macron. Le maire de Forcalquier le rencontre pour la première fois en 2013, alors qu’il est encore secrétaire général de l’Elysée. « Je venais lui parler d’une grosse entreprise des Alpes-de-Haute-Provence et en quatre minutes, j’ai compris qu’il connaissait mieux le dossier que moi ! ». Quelques mois plus tard, il devient rapporteur de la loi Macron. « Mais ce n’était pas un choix du prince, c’est mon groupe qui m’a désigné car je suis spécialiste des questions d’épargne salariale, et qu’il y avait un volet là-dessus. ».

La suite, on la devine : les deux hommes travaillent beaucoup ensemble, se rapprochent. Christophe Castaner quitte le Parti socialiste qui « n’a jamais tranché entre les deux gauches irréconciliables », accepte la proposition d’Emmanuel Macron d’être porte-parole d’En Marche. Mais il y a un revers à la médaille. « On ne le voit plus, il est drogué à BFMTV », tacle Sébastien Ginet à la mairie de Forcalquier. « C’est vrai que je suis pleinement dans la campagne, concède Christophe Castaner, mais j’ai un très bon premier adjoint et une très bonne directrice générale des services. »

>> A lire aussi : VIDEO. Blocus, sit-in, manifestation «sauvage»… Les lycéens mobilisés contre Le Pen (et Macron)

Il a fait le buzz avec une écharpe du PSG Lors d’un meeting d’Emmanuel Macron à Marseille avant le premier tour de l’élection présidentielle, Christophe Castaner a fait le tour des réseaux sociaux en faisant sauter la salle sur un traditionnel « Qui ne saute pas n’est pas Marseillais », une écharpe de l’OM autour du cou. Quelques minutes plus tôt, il était monté sur l’estrade avec une écharpe du PSG pour titiller le public. « Quand vous êtes chauffeur de salle, vous êtes là pour mettre l’ambiance, s’amuse-t-il. A Toulon, j’ai fait le Pilou-Pilou, pour après faire un discours sérieux. Il ne pas faut pas sacraliser la fonction d’élu. On va pas être crispé du trou du cul ! (sic) »

Au-delà de l’anecdote (et de la formule), cet épisode montre un atout de Christophe Castaner que lui reconnaissent ses opposants. « C’est un très bon communicant, note Jean-Paul Castel, mais bon, il a pas mieux à faire à l’Assemblée ? » Le député a en effet entrepris une marche tout au long de son département pour rencontre ses administrés, ou s’est encore glissé dans la peau de dix métiers le temps de quelques heures. « Il y avait France 3, c’était de la communication, mais c’était un des meilleures expériences de ma vie, j’ai appris beaucoup », assure-t-il. Et d’ajouter : « Je l’ai fait pendant les vacances parlementaires ! »

Bonus : bientôt ministre ? Les places sont chères et les candidats nombreux. Mais, forcément, la question est sur la table. « Je l’espère pour lui, confie Patrick Allemand. Il le mériterait. Il a toutes les qualités. Castaner est un bosseur, il a une longue expérience politique, Emmanuel Macron a besoin d’hommes expérimentés. »

>> A lire aussi : Présidentielle: Valls veut participer à «la majorité gouvernementale» de Macron

Il y a deux ans, Christophe Castaner jurait qu’il n’en voulait pas. Aujourd’hui, il reste prudent. « Les plus proches sont souvent les premiers sacrifiés. Ce sera un gouvernement serré, il y a assez peu de place pour des mecs comme moi, députés PS sortant. Donc je ne me monte pas la tête pour ne pas être déçu. »