Plus de 60 000 personnes attendent des HLM dans les Bouches-du-Rhône. Et toutes peuvent dorénavant demander des comptes à l'Etat. Depuis le 1er janvier, date d'entrée en vigueur de la loi sur le droit au logement opposable (Dalo), la préfecture a sonné le branle-bas de combat dans ses services. « Tout le monde sait que ce ne va pas être simple, reconnaît Michel Sappin, préfet des Bouches-du-Rhône. Le département cumule les handicaps. » Principaux facteurs aggravants : une politique foncière et immobilière longtemps inexistante, la multiplication des maisons individuelles au détriment des logements collectifs, la « décohabitation » qui multiplie les ménages... « Le parc locatif social est aujourd'hui ancien et insuffisant, souligne le préfet. Il faut un effort dans la construction. »
En 2007, près de 2 800 HLM supplémentaires ont été financés dans le département. Plus de 3 000 devraient l'être en 2008. Mais du déblocage des crédits à la remise des clés, il peut s'écouler plusieurs années : le manque de main-d'oeuvre dans le BTP ou les recours de riverains contre les projets de HLM ralentissent les chantiers. Parallèlement aux constructions, la préfecture compte donc mobiliser tous azimuts. « Il faut aussi impliquer le parc privé, note Pierre N'Gahane, préfet délégué à l'égalité des chances. Actuellement, on estime à 60 000 le nombre de logements privés vacants ou à réhabiliter dans le département. » Autre piste : des contrôles plus stricts sur les locataires de HLM. « Il est scandaleux que des couples qui n'ont plus d'enfants à charge continuent à occuper des cinq pièces », tempête Michel Sappin.
Côté relogement, la préfecture a ciblé une liste de personnes prioritaires : sans abris, occupants de logements insalubres, familles en surnombre dans des appartements trop petits. « Ils seraient au moins 5 000 dans le département », souligne Pierre N'Gahane. Au guichet de la préfecture, à Marseille, trois jours après son ouverture, 310 personnes étaient venues récupérer un dossier pour saisir la commission de médiation prévue par la loi Dalo.