Attentat déjoué à Marseille: «Cinq policiers en civils se sont jetés sur un homme»

REPORTAGE Beaucoup des habitants de la rue de Crimée, à Marseille, ont été réveillés par les policiers pour les évacuer. Une opération antiterroriste était en cours…

Adrien Max

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C'est au niveau de la porte bleue, qu'ont eu lieu les perquisitions.

C'est au niveau de la porte bleue, qu'ont eu lieu les perquisitions. — Adrien Max / 20 Minutes

Tout le monde a sa petite histoire à raconter, mais beaucoup se posent aussi des questions. Ce matin, vers 10 h 30, les habitants du 58, rue de Crimée, à Marseille, se sont fait réveiller et évacuer par la police. Une opération antiterroriste était en cours dans leur immeuble après l’interpellation de deux jeunes hommes, soupçonnés de préparer un attentat.

Sur place, la rue est bouclée et les habitants sont tenus à l’écart par un ruban. Le Raid, la police, la police scientifique, les marins-pompiers de Marseille et des militaires sont là. Le dispositif de sécurité regroupe une quarantaine de personnes. Parmi les nombreux habitants de l’immeuble, qui compte entre 100 et 150 appartements, Inès a juste eu le temps d’enfiler des claquettes avant de vite partir : « Je dormais avec mes enfants quand j’ai entendu frapper fort à la porte. Je suis allée voir et j’ai vu un policier cagoulé qui m’a demandé de sortir rapidement. Mais je ne savais pas pourquoi. »

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« Quand j’ai vu les policiers cagoulés, j’ai compris »

Pour beaucoup, c’est une fois arrivés en bas de l’immeuble et à la vue des policiers du Raid qu’ils ont compris la nature de l’opération. « Quand j’ai vu tous les policiers frapper aux portes de mon étage, je leur ai demandé ce qu’il se passait. Ils m’ont expliqué qu’il y avait une importante fuite de gaz. C’est une fois que j’ai vu les policiers cagoulés que j’ai compris que c’était plus grave. », détaille Nadhoir, qui n’a même pas eu le temps de prendre son téléphone en partant.

Abdelkader, qui vit au sixième étage, s’est fait réveiller par les bruits de l’interpellation qui aurait eu lieu à son étage ou à l’étage du dessus. « Quand j’ai entendu tous ces bruits, j’ai regardé par ma porte. J’ai vu un homme, assis, torse nu dans le couloir avec la tête vers le sol. Les policiers venaient de l’interpeller. » Mis à part Abdelkader, personne n’affirme avoir croisé le suspect arrêté dans l’immeuble.

« Cinq policiers en civils se sont jetés sur un homme »

Le premier suspect a, lui, été arrêté un peu plus tôt dans la matinée, sur le boulevard National. Samy, 65 ans, prenait un café dans un bar de la rue et a tout vu de l’interpellation. « Cinq policiers en civil se sont jetés sur un homme avec la main dans le plâtre, juste devant la pharmacie. Ils ont rapidement sorti leurs armes pour qu’ilse rendet. Moi je pensais à une intervention banale, c’est seulement après que j’ai compris », raconte Samy pendant qu’il se remet de ses émotions.

La première interpellation s'est produite boulevard National, devant cette pharmacie.
La première interpellation s'est produite boulevard National, devant cette pharmacie. - Adrien Max / 20 Minutes

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Après le départ du Raid, vers 14h50, beaucoup d’habitants ne savaient toujours pas quand ils pourraient regagner leur appartement. Nadhoir, lui, n’a qu’un seul souhait : « J’espère pouvoir regarder le match de Ligue des champions tranquillement chez moi ce soir et penser à autre chose. Je ne suis pas près d’oublier cette journée… »