Des associations protestent contre la raffinerie de biocarburants à La Mède
Des associations protestent contre la raffinerie de biocarburants à La Mède - Adrien Max / 20 Minutes

Imaginez la consommation française en huile de palme doubler, sans pour autant manger plus de pâtes à tartiner. C’est ce qu’il risque de se produire si le projet de transformation de la raffinerie Total de la Mède, sur les communes de  Martigues et de  Châteauneuf-les-Martigues, en raffinerie de bio carburant venait à voir le jour.

Devant le manque de rentabilité de ses installations, Total veut se moderniser. Pour cela, le groupe va investir 200 millions d’euros pour les biocarburants. « Nous souhaitons prendre une part active au développement des énergies renouvelables pour répondre au besoin en énergie tout en maîtrisant les émissions de CO2 », explique le groupe pétrolier. Parmi les sources d’approvisionnement « des huiles usagées en priorité et des huiles végétales en complément ».

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Une huile de palme « durable »

Et c’est bien là le problème, les huiles usagées ne suffiront pas. « Total prévoit d’utiliser 800.000 tonnes d’huile de palme par an pour produire son bio carburant. Cela fait tout simplement doubler la consommation française. », s’inquiète Claude Palmei de l’association Ami de la Terre. Si plusieurs associations ont manifesté devant la mairie de Châteauneuf-les-Martigues, vendredi, c’est pour témoigner de leur inquiétude quant à l’approvisionnement de cette huile de palme. « Total parle d’huile de palme durable, mais qu’est ce que ça veut dire ? Quand on connaît les problèmes de la culture de l’huile de palme, il n’y a rien de durable là-dedans. » Sans parler du CO2 nécessaire pour le transport de la matière première.

Un Orang-outan a remis les questions à l'enquêteur public
Un Orang-outan a remis les questions à l'enquêteur public - Adrien Max / 20 Minutes

Mais pour faire passer la pilule, Total dégaine l’argument de l’emploi : « Sur les 430 postes que compte aujourd’hui le site, 250 seront maintenus. » Et cet argument compte beaucoup pour Roland Mouren, le maire de Châteauneuf-les-Martigues. « Je suis favorable à ce projet tant qu’on conserve l’emploi sur le site. Et, moi qui suis agriculteur, j’espère qu’à terme on pourra utiliser de l’huile de colza. Comme ça, on recevra des aides de l’Europe pour développer la filière ».

De la poudre aux yeux 

Les associations ont remis à Guy Santamaria, l’enquêteur public, une série de questions de riverains qui partagent leurs inquiétudes. « J’ai reçu environ 300 questions, surtout sur l’approvisionnement, explique celui-ci, maintenant je vais les transmettre à Total pour qu’ils y répondent et je rendrai mes conclusions ».

Peu importent les conclusions rendues, ce projet est de la poudre aux yeux pour les associations. « Le Parlement européen a demandé le 4 avril dernier à ce qu’il n’y ait plus d’huile de palme dans les biocarburants en 2020, soit dans trois ans ! », ne comprend pas Mireille Villion, des Amis de la Terre. Pas sûr qu’en trois ans, Total ait trouvé une solution pour pallier à leur besoin en huile de palme. Le rapporteur public doit désormais rendre ses conclusions avant le 14 mai. En fonction des conclusions, la préfecture prendra un arrêté en faveur ou non du projet de transformation de la raffinerie de la Mède.

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