Deux tramways à Marseille.
Deux tramways à Marseille. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Les travaux de l’extension des lignes 2 et 3 de tramways, vers le sud et le nord de Marseille, devraient débuter en 2018, pour une livraison en 2021. Les premiers coups de pioches n’ont pas encore été donnés, que déjà de nombreuses voix s’élèvent pour critiquer le tracé de ces lignes. Et surtout la disparité entre le nord et le sud.

Deux fois plus pour le sud que pour le nord

Le prolongement vers le sud sera de 4,4 km entre la place Castellane et La Gaye. Le prolongement vers le nord devra se contenter d’1,8 km entre Arenc et Gèze. On est donc loin des promesses lorsque le Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé un plan de 3 milliards d’euros pour les transports marseillais. « La ville s’était engagée pour 1 kilomètre vers le sud et 1 kilomètre vers le nord. Dans les faits on voit que c’est deux fois plus pour le sud que pour le nord. », se désole Samia Ghali, maire des 15e et 16e arrondissements, au nord de Marseille.

Jean Pierre Serrus, vice président de la métropole en charge des transports, n’a pas le souvenir d’une telle promesse. Pour lui, ce projet d’extension est global et dépasse les intêrets locaux. « Le bon fonctionnement de la metropole va dépendre de notre capacité à relier les différents pôles d’activités, d’habitats, de loisirs. Il faut proposer d’autres solutions que le tout voiture. »

Les tracés du tram vers le nord et le sud à Marseille
Les tracés du tram vers le nord et le sud à Marseille - DR

 

« La moitié des gens n’ont pas de voiture »

Une fois de plus, Samia Ghali dénonce du « copinage ». Et les beaux discours de la metropole sur le developpement économique ne la convainquent pas. « Bien sûr qu’on devrait se développer vers le nord pour s’ouvrir vers la métropole [Aix-en-Provence, Martigues] mais, le choix est pris de se développer vers le sud pour faire plaisir à des amis. C’est la conception du développement économique de la droite marseillaise. Tout pour le sud. »

Jean Pierre Serrus parle, lui, de « prolongements naturels ». « Il faut bien commencer par quelque part. On n’avance pas aussi vite qu’on le souhaiterait et les promesses de l’Etat en termes de dotations n’ont pas été tenues. », se justifie-t-il.

Cette disparité se traduit dans le quotidien des habitants des quartiers Nord. Elisabeth Pelliccio connaît bien le problème, elle qui est présidente du comité d’intérêt de quartier (CIQ) de Saint-André. « Dans les quartiers Nord, plus de la moitié des gens n’ont pas de voiture à cause du coût. Le développement des transports en communs est vital pour Marseille, encore plus ici. »

« Marseille se sert des quartiers Nord »

Pour aller du terminus du métro Bougainville au centre commercial Grand Littoral, il faut 45 minutes et prendre deux bus qui passent toutes les 20 minutes. En voiture, 15 minutes suffisent. Pour aller de la Castellane (16e) au centre-ville, c’est une heure de transport en communs. « Pourtant, le centre de la métropole c’est nous. On est à 15 minutes de l’aéroport, on est à 20 minutes d’Aix-en-Provence et de Martigues. », ne comprend pas Elisabeth Pelliccio.

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Alors que le plan de 3 milliards d’euros devait servir au développement des transports dans les quartiers Nord, les habitants se sentent une nouvelle fois délaissés. « Marseille se sert des quartiers Nord pour se développer, alors que c’est les quartiers Nord qui ont besoin de Marseille. », résume Samia Ghali.

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