Marseille: La ville va payer la facture pour des lampadaires fantômes

DEPENSE La ville de Marseille va payer 3,4 millions d'euros pour rembourser la consommation d'une centaine de lampadaires hors de tout contrat...

20 Minutes avec AFP

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Lampadaire sous un coucher de soleil. Illustration.

Lampadaire sous un coucher de soleil. Illustration. — DE NUL/SIPA

La ville de Marseille a accepté de régler 3,4 millions d’euros pour rembourser la consommation de centaines de réverbères branchés pendant huit ans, hors de tout contrat, selon un rapport au conseil municipal.

La filiale EDF chargée du réseau, Enedis, a découvert la situation fin 2015 : 230 compteurs électriques affectés à l’éclairage public marseillais n’étaient couverts par aucun contrat de fourniture d’énergie, selon ce rapport qui doit être adopté lundi par le conseil municipal. En clair, ces lampadaires fonctionnaient, mais la ville n’était pas facturée.

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«Quand on ne vous facture pas, vous ne payez pas !»

« Enedis ne suivait pas bien la consommation d’un certain nombre de compteurs, ils se sont réveillés finalement », a expliqué Jean-Claude Gondard, directeur général des services de la ville de Marseille, lors d’une rencontre avec la presse vendredi. « Quand on ne vous facture pas, vous ne payez pas ! », a renchéri Yves Moraine, président du groupe de la majorité municipale au Conseil municipal et maire des 6 et 8e arrondissements de la ville.

Au final, 61 gigawattheures, soit 7,47 millions d’euros d’électricité ont été consommés durant environ huit ans. Mais la municipalité du sénateur-maire Les Républicains Jean-Claude Gaudin a négocié avec Enedis pour ne pas régler l’intégralité de l’ardoise : Marseille versera 3,4 millions d’euros, en trois ans, pour mettre fin au litige. « Nous leur avons demandé de ne pas nous mettre de charge excessive sur le dos au titre de leur insouciance », a ajouté Jean-Claude Gondard.

Dans une ville où l’éclairage public défaillant ou inexistant est un motif récurrent de récriminations, cette histoire de branchements « sauvages » résume « à elle seule l’histoire de cette municipalité et de sa façon de gérer la ville de Marseille, ses agents et des habitants » qui y vivent, a raillé le chef de l’opposition PS municipale, Benoît Payan.

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