Les Varois sont prêts à dévorer les Guingampais (les crêpes, la Bretagne, tout ça tout ça...)
Les Varois sont prêts à dévorer les Guingampais (les crêpes, la Bretagne, tout ça tout ça...) - Patricia Lafabrie / Etoile Fréjus-Saint-Raphaël

L’Etoile Fréjus-Saint-Raphaël, c’est le plus petit club encore en lice en Coupe de France, le « Petit Poucet PMU » (oui oui, c’est ça aussi la magie du foot et du naming). Une équipe qui joue les premiers rôles en quatrième division (CFA), mais va louper la montée cette année. Un petit club pro : cinq salariés, une vingtaine de bénévoles, de petites infrastructures. Et donc beaucoup à faire pour préparer le quart de finale face à Guingamp, mardi prochain. « Ça fait trois semaines, un mois qu’on est à temps plein là-dessus », raconte Damien Espiell, un des salariés, qui se présente comme « le directeur de lui-même. »

>> A lire aussi : Alerte magie de la Coupe de France! L'histoire dingue de l'attaquant de Fréjus-Saint-Raphaël, qui a sorti Auxerre

Il a d’abord fallu trouver un stade… Oui, bizarrement, le champêtre  stade Louis-Hon, 3.000 places, ne collait pas trop. Et dans le coin, seulement quatre enceintes étaient homologuées pour un quart de finale : le stade de Fos-sur-Mer, celui d’Avignon, l’Allianz Riviera de Nice et… le Vélodrome ! « La location du Vél', ce n’était pas vraiment dans nos moyens », rigole Damien Espiell. Et Avignon et Fos-sur-Mer, c’était vraiment trop loin. « On a demandé une dérogation pour aller jouer à Cannes, et Guingamp a donné son accord ! »

Les mots d’absence pour les écoliers. Manque de bol, la fédération a programmé ce match un mardi soir, à 18 heures. Le pire horaire pour l’Etoile, qui compte sur ses 950 licenciés pour mettre l’ambiance. « On a demandé aux écoles de les laisser partir plus tôt, on a fait signer des décharges… Mais bon, on en aura au max 400 », se désole Damien Espiell. Et au total ? A une semaine du match, le club table sur « au moins » 3.500 ou 4.000 spectateurs, dans un stade de 12.000 places.

Quand la latérale se met à chanter, c'est tout le stade qui va s'enflammer...
Quand la latérale se met à chanter, c'est tout le stade qui va s'enflammer... - Patricia Lafabrie / Etoile Fréjus-Saint-Raphaël

Les loges et les petits fours : check. Un stade avec « de vraies loges »… Le bonheur pour un club comme Fréjus : au stade Louis-Hon, les « VIP » sont installés en tribune, comme tout le monde, et ont simplement le droit d’aller boire un coup à la mi-temps dans la « salle des partenaires », un local pour 80 personnes. « Là, on aura plus de 300 VIP en loges », se réjouit Espiell, qui a prévu cinq petits fours (« plus élaborés que d'habitude ») par personne. Ça fait 1.500 pièces, de quoi tenir jusqu’aux tirs aux buts, tranquillou.

>> A lire aussi : Mais que c'est frustrant de supporter Istres, toujours dans l'ombre de l'OM !

Le mental des joueurs ? Pas de souci ! Précisons tout de suite quelque chose, quitte à casser le mythe : non, les footballeurs de l’Etoile Fréjus-Saint-Raphaël ne sont pas des boulangers, ouvriers, etc. qui ont dû poser une journée pour affronter Guingamp. Les « étoilistes » sont dans leur immense majorité des professionnels en « contrat fédéral ». « Mais pour la plupart, ils n’ont bien sûr jamais disputé un quart de Coupe de France », précise le défenseur Stéphane Marignale, qui, lui, a déjà vécu cette expérience, avec Cannes (tiens donc), déjà contre Guingamp (double tiens donc) : « Je rêve d’une revanche ! On avait perdu 2-0 avec un carton rouge dès la 30e… Ça m’a toujours laissé un goût d’inachevé ! »

Et les autres joueurs de l’équipe ? Un peu flippés ? « Non, on ne se prend pas la tête. On n’a rien à perdre », assure le Guadeloupéen. Ce qui lui prend la tête en revanche… Ce sont les potes qui essayent de gratter une place : « chaque joueur a cinq places à offrir. Il faut faire des choix ! »

En plus, ils auront un joli écusson sur leur maillot. Si vous avez suivi ne serait-ce qu’un match de Coupe de France cette saison, vous savez que les maillots Crédit agricole/PMU ne sont pas du meilleur goût. Du coup, Fréjus-Saint-Raphaël a choisi de les customiser pour ce quart de finale, « comme si on était une Ligue 1 », nous dit-on au club : l’étoile du logo (pas celle de la Ligue des champions hein) a été brodée sur le maillot, et les joueurs rentreront sur la pelouse avec… un survêtement spécial, créé pour l’occasion. Ça déconne pas.

La Coupe de France de pétanque (?!!) en porte-bonheur. Et là, vous vous dîtes « non mais c’est pas possible, c’est juste un cliché du Sud-Est, pour la blague ». Nope nope nope. Quelques semaines avant ce quart de finale historique pour son club, un membre du staff vient de gagner la Coupe de France de pétanque, à Tours (la preuve ici pour les sceptiques). Jean Casale, directeur de la sécurité et de l’exploitation du stade, est aussi entraîneur-joueur de l’équipe de Draguignan, surnommée « le Real Madrid de la pétanque » : « J’ai montré la Coupe aux joueurs. Les minots m’ont tous chambré, et ils m’ont dit : “On va te ramener l’autre” ! » C’est bien noté, messieurs…

Mots-clés :