Présidentielle: Un collectif marseillais interpelle les candidats sur les règlements de compte

POLITIQUE Les membres de ce collectif dénoncent une « situation catastrophique » dans les quartiers…

Clément Carpentier

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Hassen Hammou.

Hassen Hammou. — M.Penverne

L’actualité récente leur a tristement donné raison. Le collectif « Trop jeune pour mourir » et les associations des quartiers nord ont écrit une lettre ouverte, il y a quelques jours, pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur les règlements de compte qui se multiplient ces dernières années à Marseille. Hassen Hammou, le fondateur du collectif, explique à 20 Minutes le but de cette initiative.

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Pourquoi avez-vous écrit cette lettre ?

Notre objectif est simple. En pleine élection présidentielle, on veut interpeller les candidats sur la situation catastrophique de nos quartiers. Comment, aujourd’hui, on les réorganise ? On veut aussi connaître leur position sur la légalisation du cannabis. Et surtout quels moyens vont-ils nous donner pour nous aider à sortir de cette spirale.

C’est une sorte d’appel à l’aide ?

Le sentiment d’insécurité est de plus en plus fort dans les quartiers. Les habitants ont toujours connu le trafic de drogues mais maintenant ils vivent aussi avec la violence. Cela a pris une tournure morbide ces dernières années. Il y a ces mères seules qui se voient arracher leurs enfants par les réseaux.

Cela a pris une tournure morbide ces dernières années.

La situation est-elle aussi grave qu’on le laisse entendre ?

Le sentiment d’abandon, on l’a ! La cocotte-minute, elle a déjà explosé. Aujourd’hui, vous avez des enfants de 15 ans dans les quartiers qui arrivent à s’armer. On a l’impression que plus ça va, plus ça va mal. On a déjà franchi une étape dans la violence. Les quartiers nord, ce n’est plus Marseille. Ils sont dirigés par d’autres personnes que la municipalité.

La lettre envoyée aux candidats à la présidentielle.
La lettre envoyée aux candidats à la présidentielle. - Collectif

Qu’est-ce que vous attendez de la part des candidats ?

Il faut donner de la formation à ces jeunes. Il faut qu’ils se sentent intégrés à la ville et acceptés des autres Marseillais. Ils doivent faire partie des problématiques de l’Etat et de la municipalité. Aujourd’hui, on détruit une tour pour en reconstruire une autre dans un quartier différent sans régler les problèmes de fond.

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Avez-vous eu des réponses de certains candidats ?

Pour l’instant, le seul qui s’est manifesté, c’est Emmanuel Macron. Il va sûrement nous recevoir à Paris d’ici l’élection. En tout cas, j’espère qu’ils vont tous nous répondre car si ce n’était pas le cas, ce serait une forme de mépris.

Aujourd’hui, on détruit une tour pour en reconstruire une autre dans un quartier différent sans régler les problèmes de fond.

Quelle est la position du collectif sur la légalisation du cannabis ?

Nous sommes contre car il n’y a aucune étude sérieuse qui prouve que la légalisation du cannabis, c’est forcément la baisse de la violence. Moi, je pense que l’on se tournerait vers une autre forme de trafic. On ne va pas régler le trafic mais le déplacer. Nous, on veut qu’une commission parlementaire avec des médecins travaille sur le sujet avant de prendre toute décision.

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