L'Etang de Berre
L'Etang de Berre - BORIS HORVAT

Le grand public ignore généralement que l'étang de Berre est l’une des plus grandes lagunes d’Europe, avec un riche passé préhistorique et une présence humaine vieille de 7.000 ans. On sait plus que longtemps, l’étang de Berre a été une « poubelle industrielle », où l’on parlait régulièrement pollution liée aux rejets industriels et urbains.

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Mais en juin dernier, Gaby Charroux, le député-maire communiste de Martigues, a décidé d’inverser la tendance. Pour redorer l’image de l’étang, quoi de mieux qu’une candidature au  patrimoine mondial de l’Unesco ? C’est dans cette optique que le maire et plusieurs autres communes se sont lancés dans cette longue aventure, qui pourrait aboutir dans minimum quatre ans. « Histoire de porter un autre regard que "c’est sale, c’est pollué !" », explique Gaby Charroux.

Protéger l’étang

Ce classement aurait un mérite : « faire reconnaître la valeur universelle exceptionnelle de ce paysage à la fois naturel et culturel ». Des offres touristiques spécifiques autour de ce classement viendraient ainsi compléter les offres de tourisme d’affaires et de loisirs déjà existantes dans certaines zones.

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Il s’agit enfin de donner un nouvel élan à la protection de l’étang, même si « des efforts ont été d’ores et déjà faits » selon l’édile. Un groupement d’intérêt pour la réhabilitation de l’étang de Berre y travaille déjà depuis 17 ans.

Mais pour Jean-Claude Cheinet, ancien conseiller municipal délégué à l’environnement et tout nouveau président de la toute jeune association de préfiguration « Etang de Berre, Patrimoine Universel », il manque « une volonté politique » et surtout des moyens financiers pour mener à bien les solutions proposées par cette structure. Là aussi, une inscription permettrait, selon lui, de « relancer le processus, et attirer l’attention des pouvoirs publics ».

Un site classé et des usines ?

Mais peut-on vraiment classer un espace qui contient en son sein d’importantes usines comme celle de Saint-Chamas (une usine électrique en service depuis 1966, ndlr) ? Pour Jean-Claude Cheinet, point d’incompatibilité. « Cela permettrait à EDF de s’engager. Par ailleurs, des progrès ont été déjà faits, et le niveau de pollution a considérablement baissé. »

Le maire de Martigues abonde : « il n’y a pas de contradiction, il y a toujours eu de l’activité humaine autour de l’étang de Berre. Le tout est d’instaurer un équilibre entre cette activité et les espaces naturels. »

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D’après l’édile, « les premiers échos concernant cette candidature sont bienveillants ». Prochaine étape en 2018, date à laquelle le dossier sera présenté au ministère de l’Environnement.

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