Ultimes répétitions avant le début du spectacle. Frédéric Daumas, le directeur artistique de la compagnie Symblêma Percussions, cogne sur sa poêle à paëlla, tandis que ses deux compères font résonner un vibraphone et un étrange orgue à eau. Dans quelques minutes, les percussionnistes sont attendus pour une représentation devant les salariés de l'entreprise Cabus et Raulot (10e). Un public qu'ils croisent déjà depuis quelque temps dans les couloirs de la société : il y a un mois, les artistes ont élu résidence dans la salle de réunion de cette entreprise spécialisée dans la distribution de matériel électronique, pour y répéter leur prochaine création, à mi-chemin entre le théâtre et le concert de percussions.
Un projet singulier, initié pour la première fois par l'association Mécènes du Sud, un groupement d'entreprises qui subventionne des artistes contemporains locaux. « Pour le projet de Symblêma Percussions, il nous semblait évident d'aller au-delà d'un soutien financier, explique Bénédicte Chevallier, déléguée générale de l'association. Le groupe avait besoin d'une salle pour répéter. Cabus et Raulot, un de nos membres, a tout de suite accepté de mettre ses locaux à disposition. »
La cohabitation a plutôt bien fonctionné. Jean-Michel, commercial, était aux premières loges, son bureau se situant juste en dessous du local de répétition : « C'était génial. Les clients étaient intrigués et nous posaient sans cesse des questions », raconte-t-il. « Je n'avais jamais vu de spectacle auparavant, reprend Patrice, approvisionneur, et là, j'ai trouvé le mariage des instruments intéressants. On découvre des sons très différents de ce que l'on a l'habitude d'entendre à la radio. » Pour les artistes aussi, l'expérience porte ses fruits. « On est plus libre de travailler ici que dans une salle de spectacle conventionnelle où on est jugé en permanence », assure Frédéric Daumas. Les artistes ont même prolongé leur résidence en janvier. D'autres sociétés connaîtront la même expérience. En décembre 2008, une troupe de danseurs investira pendant une semaine la Société Marseillaise de Crédit.