Le service des urgences est sous tension depuis le 21 décembre
Le service des urgences est sous tension depuis le 21 décembre - Mathilde Ceilles

Qu’on ne se fie pas au calme relatif qui règne dans les couloirs des urgences de la Timone en ce mercredi après-midi, où une dizaine de personnes sont en attente de lit. Une situation devenue classique depuis le 21 décembre, date à laquelle l’établissement a été déclaré « en tension ».

En moyenne, depuis la fin de l’année dernière, 240 patients se sont présentés quotidiennement aux urgences de l’hôpital marseillais, avec des pics à 300 personnes.

Jusqu'à 300 patients sont pris chaque jour en charge, donc beaucoup de personnes âgées.
Jusqu'à 300 patients sont pris chaque jour en charge, donc beaucoup de personnes âgées. - Mathilde CEILLES

Deux fois plus de malades

Il faut dire que l’épidémie est particulièrement importante dans la région PACA. « La grippe cette année est virulente, plus particulièrement pour les personnes fragilisées par l’âge ou la maladie, du fait du virus A (H3N2) majoritairement en circulation. », rapporte l’Agence régionale de santé dans un communiqué de presse.

Et d’ajouter : « Le taux d’incidence (nombre de nouveaux cas) des syndromes grippaux relevé par le réseau Sentinelles le 8 janvier, est de l’ordre de 600 pour 100 000 habitants, soit deux fois plus que l’année dernière à la même époque. »

Des lits supplémentaires

Devant un tel phénomène, le discours se veut toutefois rassurant. « Nous ne sommes pas face à des cas de saturation en région PACA », affirme l’agence régionale de santé.

A la Timone, deuxième CHU de France, « la situation est tendue mais sous contrôle », assure le professeur Pierre Michelet, chef du service des urgences Timone. Sur les 75 lits dont dispose l’Institut hospitalo-universitaire, 50 sont aujourd’hui occupés, avec une moyenne d’âge particulièrement élevé. « Nous en ouvrons 16 supplémentaires la semaine prochaine », indique Sébastien Vial, directeur du groupe hospitalier Timone.

L'hôpital de la Timone.
L'hôpital de la Timone. - Patrice Magnien/20 Minutes

Un manque de moyens ?

De leurs côtés, les syndicats dénoncent un manque de moyens. « Un hôpital ne peut pas travailler en permanence à flux tendu ! », regrette Yves Castino, secrétaire de la CGT Timone. « Mais cette situation n’est pas une surprise, ces choses-là s’anticipent ! ». « C’est la catastrophe pour les urgentistes qui sont débordés ! », abonde son camarade cégétiste Serge Bedrossian.

« Les vacances de Noël n’ont eu de vacances que le nom et l’on a dû rappeler du personnel. », constate le professeur Michelet. Et de poursuivre : « Il faut rendre grâce à l’ensemble du personnel qui fait face depuis trois semaines. Dans un contexte économique compliqué, il faut faire avec le budget que l’on a… »

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a averti que le bilan de l’épidémie de grippe serait « probablement lourd », appelant à reporter les opérations non urgentes pour désengorger les services hospitaliers, « L’enjeu, c’est de garantir qu’il y a des lits d’hospitalisation disponibles », a dit la ministre mercredi lors d’un point de la situation. Une mesure déjà prise depuis plusieurs semaines à la Timone, confirme le professeur Michelet.

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