Marseille: 34 tués par balles lors de règlements de compte en 2016 ? «C'est inexact» répond le préfet de police

FAITS DIVERS Pour Laurent Nunez, il n'y a aucune comparaison à faire avec l'époque de la French Connection... 

Propos recueillis par Clément Carpentier

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Laurent Nunez, le préfet de police.

Laurent Nunez, le préfet de police. — BERTRAND LANGLOIS

C’est la guerre des chiffres entre le préfet de police et les médias. Depuis ce week-end et un dernier homicide le soir du Réveillon, un triste record est mis en avant. Celui de 34 tués par balle lors de règlement de compte à Marseille en 2016. Un chiffre qui énerve profondément Laurent Nunez, le préfet de police.

Quelle est votre réaction à ce macabre chiffre ?

Il est totalement inexact. C’est un décompte purement journalistique. Si l’on se fit à la vraie définition d’un règlement de compte, c’est-à-dire un assassinat lié à un trafic de stupéfiants ou au grand banditisme, le vrai chiffre, c’est 27 morts (en 24 faits). En 2015, c’était 19 tués par balle (en 21 faits), on a donc 8 morts de plus. Et surtout, il y a des explications.

1 règlement de compte sur 2 est lié à un contentieux entre deux clans rivaux

Quelles sont justement ces explications ?

Tout d’abord, les policiers démantèlent de plus en plus de trafic, il y a donc des territoires souvent à reprendre ce qui engendre de la violence. Ensuite sur ces 27 morts, il y en a 1 sur 2 qui est lié à un contentieux entre deux clans rivaux sur Marseille. On assiste à un match aller-retour entre les trafiquants de drogue.

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Peut-on comparer ces faits à celle de l’époque de la French Connection ?

Non, ça n’a rien à voir tout simplement parce qu’aujourd’hui, le nombre d’homicide baisse à Marseille. C’est un fait. Même si ces règlements de compte restent dramatiques, il y a aussi très peu de victimes collatérales.

 Il faut arrêter le Marseille bashing

La situation n’est donc pas aussi dramatique qu’on le pense ?

Oui si on se fie au baromètre global de la délinquance à Marseille. Les violences sur autrui baissent, les vols avec violence aussi. C’était déjà le cas ces dernières années et en 2016, on est toujours à la baisse. Pour le trafic de drogues, la police continue son harcèlement quotidien. Par exemple, en 2016, on a arrêté 8 équipes et surtout évité 12 règlements de compte.

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