Marseille: Ils ont vécu l'enfer des punaises de lit, ils racontent

SANTÉ Ce couple de Marseillais n'en dormait plus la nuit...

Basile Caillaud

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L'été dernier, des centaines de foyers marseillais ont été envahis par des punaises de lit

L'été dernier, des centaines de foyers marseillais ont été envahis par des punaises de lit — F. Elsner / 20 Minutes

« C’est une guerre, et on l’a gagnée. » Après plus de trois mois de « bagarre » contre les punaises de lit qui avaient envahi leur appartement, Josiane et François Punzo ont enfin retrouvé le sourire. Ou plutôt le sommeil. « Les petites bêtes sont rusées. Elles vous piquent lorsque votre corps dégage le plus de Co2, en général vers 2 h du matin, quand vous dormez profondément », explique Josiane. Son mari François, conducteur d’engins de chantier, se remémore ces nuits sans fin. « Chaque nuit était un véritable cauchemar. On avait presque l’angoisse de s’endormir. »

Asile psychiatrique

Le couple vit depuis trente ans dans un immeuble de la rue Bonnetrie, toute proche du Vieux-Port de Marseille. Les Punzo, leurs voisins ainsi que plusieurs centaines d’habitants du centre-ville marseillais ont été envahis par les punaises de lit l’été dernier. Beaucoup le sont encore, mais impossible d’évaluer leur nombre. « Les punaises vous laissent des grosses piqûres rouges, ça vous réveille et ça gratte énormément », expose une habitante. « Si vous ne traitez pas les punaises de lit, vous terminez à l’asile psychiatrique », enchérit un voisin octogénaire. Chez les Punzo, les premières piqûres sont apparues courant juillet. Presque tout l’immeuble de la rue Bonneterie est impacté : seuls 5 des 18 appartements qui le composent sont épargnés.

Trois tonnes de meubles à la poubelle

Il a fallu des semaines et des semaines, à coup d’interventions d’entreprises spécialisées, pour venir à bout des punaises. Dans un des logements, il a fallu abattre la cheminée, considérée comme le nid. Pour anéantir la bestiole, le couple a fait appel à une entreprise marseillaise spécialisée, qui propage un traitement anti-punaises, non nuisible pour l’homme. L’avantage : « On n’a pas eu à quitter notre logement, contrairement à ce qu’imposaient d’autres entreprises », précise Josiane Punzo.

En revanche, pas moyen de sauver le mobilier en bois. « Le lit, nos tables de chevet, des meubles… Il a fallu tout jeter. » Au total, trois tonnes de meubles ont été emmenés à la déchetterie, rien que pour l’immeuble où résident les Punzo. Les textiles (vêtements, draps…), le couple et leurs voisins les ont congelé. « Les punaises pondent dans le linge. Vingt-quatre heures au congélateur et le problème est réglé », détaille François. Pour cela, deux congélateurs ont été achetés par les propriétaires de l’immeuble.

La tapisserie, le « Carlton » des punaises

Aujourd’hui, la situation est redevenue (quasiment) normale chez les Punzo. La tapisserie - qui constitue « l’équivalent d’un hôtel Carlton pour une punaise », plaisante François - a été retirée et remplacée par de la peinture. Les tringles à rideaux en bois ont été remplacées par d’autres en fer. Pour le couple, l’ensemble des opérations est évalué à plus de 5 000 €. Une somme dépensée sans l’aide des assurances ni de la Ville, s’agissant d’habitations privées. « On s’est privés de vacances du coup », témoigne Josiane. Seul point positif à retenir de cette expérience : « La solidarité entre voisins, pense François. Nous étions déjà proches avant. Mais là, quelque chose s’est construit. »

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