Pourquoi les Français déchirent tout en Stand Up Paddle

SURF L'équipe de France (dont la Varoise Olivia Piana) a décroché un titre de vice-championne du monde en Stand Up Paddle (SUP)...

C.L.

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Caroline Angibaud (4e en SUP Surf aux mondiaux 2016)

Caroline Angibaud (4e en SUP Surf aux mondiaux 2016) — FFS

On vous voit, vous qui avez essayé l’air fier de monter sur une planche de paddle cet été en vacances à Sanary/La Baule/Biarritz avec l’impression d’être ultra-tendance. Sachez que vous êtes un million à avoir déjà joué avec votre équilibre sur les plages hexagonales et sachez surtout que chez vos équivalents pro, on peut se vanter d’être des cadors.

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Piana, Puyo, Arutkin

Aux Fidji la semaine dernière, l’équipe de France a décroché le titre de deuxième meilleure nation lors des championnats du monde de SUP, qui mêlent des épreuves de surf et de race. La Varoise Olivia Piana a elle seule obtenu deux titres de vice-championne du monde, en longue distance et beach race. Une « excellente performance, savoure Serge Lougarot, le conseiller technique national du Stand Up à la Fédération Française de Surf, quand on sait que c’est la première fois que la France présente une équipe complète. » Comprenez, qui peut aligner un participant sur chaque épreuve.

L'équipe de France aux mondiaux 2016 de SUP aux Fidji
L'équipe de France aux mondiaux 2016 de SUP aux Fidji - FFS

Oui, car dans le milieu du SUP, on tâtonne encore. Les mondiaux existent depuis 2012 seulement. En France, c’est en 2010 que la Fédération Française de Surf a misé sur la discipline, l’année où l’Etat lui a donné délégation pour réglementer le SUP. Depuis, une coupe de France et un championnat ont été créés, avec trois figures qui s’illustrent chaque année : Titouan Puyo, Arthur Arutkin et Olivia Piana. A eux trois, ils comptent six titres européens et mondiaux (13 en comptant leurs deuxièmes places). Et la relève chez les 17-19 ans leur colle au train.

50.000 pratiquants en France

Au niveau européen, la France domine les débats devant l’Espagne et le Portugal. Au niveau mondial, si l’Australie et les Etats-Unis sont loin devant, les Frenchies font leur trou grâce à un fonctionnement « parmi les plus structurés », explique la Fédé. « On a moins de pratiquants [50.000 en France dont 10 % de licenciés] donc moins de talents, c’est pour ça qu’il faut vraiment participer à leur détection et leur développement. »

Olivia Piana (vice-championne du monde de SUP longue distance et beach race aux Mondiaux 2016)
Olivia Piana (vice-championne du monde de SUP longue distance et beach race aux Mondiaux 2016) - FFS

Serge Lougarot détaille le plan d’action sur trois axes : compétition, formation et développement des clubs. Actuellement, 50 structures donnent des cours de SUP en France, avec une dizaine qui s’ouvrent chaque année. La pratique exclusive du SUP, c’est-à-dire non associé au surf trouve aussi son créneau, là où il n’y a pas de vagues : en montagne, en région parisienne ou en Méditerranée par exemple. « On milite pour que le Stand Up soit reconnu comme un sport de haut niveau », explique-t-il. Après avoir terminé deuxième aux mondiaux, l’équipe de France est sur la bonne voie.

Arthur Arutkin (gauche) et Titouan Puyo aux mondiaux 2016 de SUP aux Fidji
Arthur Arutkin (gauche) et Titouan Puyo aux mondiaux 2016 de SUP aux Fidji - FFS

A l’autre bout de l’éventail de rameurs, la Fédé tente aussi « avec les moyens du bord », de capitaliser sur l’engouement exponentiel de la pratique de loisir. « On a plutôt tendance à subir, avoue le conseiller, on s’axe plus sur la réglementation de la pratique (où, comment et qui peut faire du SUP) et le développement des clubs. On essaie aussi de faire de la compétition pour le grand public. » Chaque week-end en France, entre avril et octobre, au moins quatre événements de SUP sont planifiés sur tout le territoire, de « la promenade du dimanche » au concours de pro. Bon à savoir si vous avez raté votre session estivale.

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