Aix-en-Provence: Les calissons menacés par la Chine

ECONOMIE Un investisseur chinois a déposé la marque dans son pays...

M.P.

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Le façonnage des calissons d'Aix

Le façonnage des calissons d'Aix — Confiserie du Roy René

Les calissons d’Aix sous la menace chinoise. Les célèbres friandises à base d’amande, de melon et d’écorce d’orange confite pourraient être fabriquées de l’autre côté de la planète, dans la plus grande usine du monde, la Chine. Ye Chunlin, un investisseur de la province du Zhejiang, a en effet déposé cet été la marque « calissons d’Aix » dans son pays.

L’initiative a mis évidemment en émoi les fabricants du petit losange. « Nous avons été alertés en juillet de ce dépôt de marque par notre cabinet de veille juridique », raconte Laure Pierrisnard, PDG de la Confiserie du Roy René, qui a lancé immédiatement une procédure d’opposition auprès de l’office chinois des marques.

Une IGP en préparation

Le calisson d’Aix-en-Provence, dont la production avoisine environ 800 tonnes par an, est protégé depuis plus d’une dizaine d’années par une appellation. Celle-ci définit notamment le lieu de fabrication, le choix et la qualité des ingrédients. Mais elle s’avère insuffisante pour empêcher le dépôt du nom dans un pays étranger comme la Chine.

Réunis au sein de l’Union des fabricants des calissons d’Aix, les professionnels ont donc commencé à constituer un dossier pour créer une indication géographique protégée (IGP). Mais à cause de querelles internes sur les détails de la recette, « on est encore dans la phase administrative », reconnaît Laure Pierrisnard. L’IGP ne devrait pas voir le jour avant 2018.

Les calissons d'Aix
Les calissons d'Aix - Confiserie du Roy René

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Pas d’inquiétude

La chef d’entreprise a participé en octobre au voyage officiel organisée par Christian Estrosi avec 30 autres entrepreneurs de la région. Elle assure ne pas avoir vu de calisson d’Aix dans les rues de Pékin ou d’ailleurs, et ne se montre pas très inquiète : « Les clients asiatiques savent faire de plus en plus la différence entre les copies locales et les originaux », assure-t-elle.

Cette histoire démontre même, selon elle, que « le produit suscite de plus en plus d’intérêt et qu’il existe un marché » en Chine et en Asie. Contacté par l’AFP, Ye Chunlin proteste, en tout cas, de sa bonne foi : « Je suis un commerçant qui fait des affaires dans les règles (…). Nous ne recourrons pas à cette marque déposée pour commettre des irrégularités. Nous n’en n’avons pas l’intention ».