Marseille: Zvi Ammar se défend d’avoir entravé une enquête sur un assassinat

JUSTICE Le président du consistoire israélite de Marseille conteste avoir dissimulé une somme en liquide de 346.360 euros en 2007…

20 Minutes avec AFP

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Le président du consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, devant l'école "La Source", le 11 janvier 2016 à Marseille

Le président du consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, devant l'école "La Source", le 11 janvier 2016 à Marseille — AFP

Jugé pour modification de scène de crime, le président du consistoire israélite de Marseille, Sylvain « Zvi » Ammar, a contesté jeudi devant le tribunal correctionnel de Marseille, avoir dissimulé une somme en liquide de 346.360 euros en 2007.

Selon l’accusation, l’argent se trouvait dans le véhicule d’un homme tué en sortant d’une réunion dans les locaux de la société de Zvi Ammar, PDG d’International Sport Fashion (ISF). Neuf ans plus tard, l’assassinat d’Olivier Plançon, 40 ans, n’est toujours pas élucidé.

Des sacs d’argent sur la banquette arrière

La victime, directeur commercial du principal fournisseur d’ISF, sortait, le 8 novembre 2007, d’une réunion avec Zvi Ammar et deux cadres d’ISF lorsqu’une moto l’a contraint à stopper son véhicule. Un homme cagoulé a, une première fois, tapé à la fenêtre avec son arme puis un coup de feu était tiré.

Dans les minutes qui ont suivi cet assassinat, Simon Roques, le collaborateur d’Olivier Plançon à côté duquel il se trouvait dans le véhicule, retirait trois sacs de la banquette arrière. Zvi Ammar les transportait dans sa société avant de les remettre, une heure plus tard aux enquêteurs qui procédaient à leur inventaire.

« Je n’ai touché à rien je n’ai pas ouvert les sacs »

Dans le sac de voyage appartenant à Olivier Plançon, une enveloppe contenait cinq traites d’ISF pour un montant de 820.000 euros mais aussi une petite fiche cartonnée supportant une comptabilité manuscrite pour un total de 346.360 euros.

Dans les jours suivants, ISF déposait en espèces une somme strictement identique sur ses comptes bancaires.

Soupçonnés par l’accusation d’avoir voulu « faire obstacle à la manifestation de la vérité en dissimulant la remise d’une forte somme d’argent liquide dont le vol constituait vraisemblablement le but premier des assassins d’Olivier Plançon », Simon Roques et Zvi Ammar ont reconnu devant le tribunal avoir sorti trois sacs du véhicule « dans un moment de panique ». « Je n’ai touché à rien je n’ai pas ouvert les sacs », a assuré Zvi Ammar.

Une « erreur d’enveloppes »

Le chef d’entreprise justifie la présence du carton supportant une comptabilité par une « malheureuse bêtise ». Jugé à ses côtés, son frère jumeau Simon Ammar, chargé de la logistique à ISF, lui aurait remis le matin même une enveloppe contenant la fiche cartonnée, enveloppe dans laquelle Zvi Ammar aurait « par mégarde », glissé les cinq traites remises à Olivier Plançon. « Cette erreur d’enveloppes, c’est l’origine de tout mon malheur », a-t-il martelé.

Présents à l’audience, les proches d’Olivier Plançon avaient, dans les heures suivant l’assassinat, indiqué que la victime transportait parfois de fortes sommes en espèces pour le compte de son employeur.

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Elu président du consistoire israélite de Marseille depuis 1999, Zvi Ammar avait fait polémique en janvier dernier en recommandant de ne pas porter la kippa dans l’espace public, après l’agression à la machette d’un enseignant juif de Marseille par un lycéen kurde.

 

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