Marseille: Une association crée la polémique en recommandant le port du burkini dans un parc aquatique

POLEMIQUE Les réactions politiques se sont multipliées pour dénoncer cette initiative...

20 Minutes avec AFP

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Une femme porte un burkini (à gauche) dans une piscine (illustration).

Une femme porte un burkini (à gauche) dans une piscine (illustration). — CEM OZDEL/A.A./SIPA

Polémique à Marseille. Les consignes données par une association de femmes des quartiers Nord de la ville pour passer une journée dans un parc aquatique à Plan-de-Campagne privatisé pour l’occasion ont fait bondir mercredi des élus de droite et d’extrême droite.

« Respecter la awra »

« Je compte sur vous pour respecter la awra [parties du corps à ne pas montrer par pudeur dans l’islam] et donc de ne pas venir en 2 pièces (parties doivent être cachées de la poitrine aux genoux) », peut-on lire sur l’affiche de l’association Smile 13 et sur sa page Facebook. « Le parc autorise exceptionnellement burkini/jilbeb de bain », est-il également écrit.

Cette association qui se présente comme une « association socioculturelle, sportive et d’entraide pour femmes et enfants » explique avoir « privatisé » le Speed Water Parc, situé au nord de Marseille pour le samedi 10 septembre. « Bien entendu il y aura des maîtres nageurs hommes, c’est la raison pour laquelle l’association a négocié afin qu’exclusivement le parc autorise la baignade en burkini », explique-t-elle sur le réseau social, ajoutant que « les enfants garçons sont également autorisés jusqu’à 10 ans ». Le centre aquatique n’a pu être joint par l’AFP mercredi soir.

Contactée par Le Parisien, la trésorière de l’association justifie ce choix : « Certaines femmes ne peuvent pas se baigner dans ce parc en temps normal car elles ont des convictions religieuses ou personnelles et ne souhaitent pas se dénuder devant certaines personnes. »

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Des réactions politiques à droite et à gauche

L’affiche a en tout cas fait réagir des élus marseillais, à commencer par le sénateur-maire DVG des Pennes-Mirabeau (ou se trouve Plan-de-Campagne), Michel Amiel, qui a annoncé vouloir prendre un arrêté d’interdiction : « Je prends un arrêté municipal interdisant cette manifestation sur la commune au motif qu’il est susceptible de troubles à l’ordre public », a-t-il déclaré au Parisien - Aujourd’hui en France.

La députée LR des Bouches-du-Rhône et maire des 11 et 12e arrondissements de Marseille, Valérie Boyer, a publié l’affiche sur Twitter en l’accompagnant d’une tribune pour la dénoncer. « Accepter cette soi-disant mode, c’est conforter le communautarisme dans notre pays, mais c’est aussi une question de dignité de la femme, une question de respect de nos principes fondamentaux », déclare-t-elle.

Dans un communiqué intitulé « Fini le "vivre-ensemble", place au vivre avec le communautarisme islamique ! », le sénateur-maire FN des 13e et 14e arrondissements de Marseille Stéphane Ravier estime que « cette journée islamique démontre qu’au-delà des discours rassurants des autorités musulmanes, un certain nombre de musulmans se coupent volontairement de notre modèle républicain, et se mettent d’eux-mêmes à l’écart de notre société ».

« Ce type de manifestation à caractère communautarisme est particulièrement troublant et je regrette que la direction de ce parc aquatique l’ait autorisée », juge pour sa part le conseiller municipal PS, ancien président du groupe socialiste à la mairie, Stéphane Mari.