« Les mentalités sont difficiles à changer »

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Publié le 3 octobre 2007.

Patrick Rué,

Patrick Rué,

Secrétaire général adjoint des territoriaux FO.

La campagne municipale « Moins salir, mieux nettoyer » est en place depuis le printemps. Quel premier bilan pouvez-vous dresser ?

Le maire a lancé un appel aux agents, qui ont répondu présents. Du côté des habitants, les choses vont aussi dans le bon sens, les gens sont de mieux en mieux informés. Des efforts ont été faits, mais les mentalités sont difficiles à changer. Quand on a fait ce que l'on pouvait en matière de prévention, reste la répression.

La mairie annonce d'ailleurs une montée en puissance de la verbalisation. Est-ce une bonne chose ?

Oui, et ce point reste encore insuffisant. Environ 200 agents de maîtrise viennent d'être assermentés. Mais ils ne peuvent pas intervenir sur tous les délits, notamment les crottes de chien non ramassées, un fléau à Marseille. De plus, ces agents font de la répression en plus de leur travail. Nous demandons des brigades spéciales, comme à Paris. Verbaliser, c'est un métier.

La course à la mairie de Marseille n'est même pas encore vraiment lancée que la propreté de la ville apparaît déjà comme l'un des enjeux majeurs...

Ce n'est pas une surprise. Mais les candidats doivent savoir que quand ils se serviront des agents comme paravent, on sera là pour les défendre. Par exemple, les déclarations de Jean-Noël Guérini [candidat socialiste], favorable à la fin du système du fini-parti. Penser que cela va régler le problème de la propreté révèle une méconnaissance du dossier. La propreté, effectuée par les cantonniers, et la collecte des ordures, gérée par les éboueurs, sont deux choses différentes. Les seuls à bénéficier du fini-parti sont les éboueurs.

Du côté de la mairie aussi, le système est critiqué...

Renaud Muselier [premier adjoint UMP] a dit qu'il était contre, mais Jean-Claude Gaudin, lui, a dit que l'on pouvait maintenir le fini-parti, à condition que ce soit bien fini. On peut toujours s'améliorer. Je ne dis pas que sur les 600 éboueurs, tous sont exemplaires, mais il y avait avant tout un problème d'organisation, notamment sur la distribution des tournées. Par exemple, un endroit où les containers débordent régulièrement, c'est peut-être parce qu'il en faut un plus gros. On a mis un moment à se faire entendre, mais les choses avancent.

Au-delà des élections, même si les choses s'améliorent, l'image « Marseille, ville sale » reste encore tenace...

Oui, mais on évolue quand même vers le positif, et on a encore proposé des pistes pour améliorer le dispositif. Il n'y a pas une solution pour la propreté, mais un ensemble de solutions. Marseille n'est pas encore placée dans les trois premières villes propres de France, mais on va déjà essayer de ne plus être dans les trois dernières.

Recueilli par S. Harounyan - ©2007 20 minutes
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