VIDEO. Marseille: Le robot plongeur Ocean One en avant-première mondiale

plongée Cet humanoïde, qui va permettre d’aller à des profondeurs inaccessibles à l’homme, est exposé jusqu’au 8 mai au musée d’histoire…

Caroline Delabroy

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Ocean One

Ocean One — BD©Osada/Seguin/DRASSM

Encore quelques jours, et il repartira aux Etats-Unis. De son petit nom «Ocean One », ce robot humanoïde a tout d’un grand, plus encore d’un géant. En permettant d’aller à des profondeurs jusque-là inaccessibles au plongeur humain, il révolutionne l’exploration sous-marine et ouvre un champ de fouilles inégalé.

Ce robot de nouvelle génération est à découvrir jusqu’au 8 mai au musée d’histoire de Marseille, qui consacre une exposition - « Mémoire à la Mer » - aux 50 ans du DRASSM, le département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines dirigé par l’emblématique Michel L’Hour.

Ocean One
Ocean One - BD©Osada/Seguin/DRASSM

Plongée sur la Lune

Le rendez-vous n’a rien du hasard. Entièrement conçu par l’université de Stanford en Californie, Ocean One a traversé l’Atlantique pour faire ses premières expériences en mer, mi-avril, au large de Toulon. L’objectif : vérifier tout le potentiel de ce robot pour l’archéologie sous-marine. Le site choisi : la fameuse épave de la Lune explorée par le DRASSM, dont le naufrage date de 1664 et qui repose à 90 mètres de fond.

« Elle est absolument sublime, elle n’a jamais été pillée », détaille Vincent Creuze, roboticien du Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier, qui a également apporté son concours à l’opération. Son petit robot, « Léonard », a plongé avec Ocean One pour « porter » le cordon ombilical le reliant au pilote à la surface, et lui permettre ainsi de ne pas s’en soucier.

Ocean One
Ocean One - BD©Osada/Seguin/DRASSM

Une révolution comparable au scaphandre autonome

De fait, le robot humanoïde n’a aucune autonomie ou intelligence propre. « Il ne remplace pas l’homme, il remplace le corps de l’homme », résume Vincent Creuze. Grâce au cordon ombilical, le pilote, équipé aussi d’une vision 3D, peut physiquement ressentir les efforts du robot.

Autrement dit, il peut voir et mesurer si cela résiste, si c’est élastique, comme s’il était lui-même en contact avec son objet d’exploration. « Cela permet une délicatesse dans la manipulation des objets que l’on n’avait jamais vue jusqu’à présent avec les robots sous-marins », affirme Vincent Creuze.

« C’est très certainement l’avenir »

Pour lui, c’est une révolution comparable à celle du scaphandre autonome de Cousteau en 1943. « Ocean One repousse une nouvelle frontière, qui va permettre à l’homme d’explorer ce qui est au-delà de 300 mètres ».

« C’est très certainement l’avenir », concède aussi le plongeur et aventurier des mers Francis Le Guen, relevant que des plongeurs émérites « se fabriquent ainsi les outils pour pouvoir continuer la quête des abysses ».