Il y a presque un an, le 28 octobre 2006, Mama Galledou, 26 ans, était brûlée à 62 % lors de l'incendie du bus n° 32 qui la ramenait chez elle, près de la fac de Saint-Jérôme dans le 13e. Demain, deux des huit agresseurs présumés de la jeune femme, interpellés peu après le drame, seront jugés par le tribunal pour enfants de Marseille. Poursuivis pour « incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente », ils risquent jusqu'à quinze ans de prison, l'« excuse de minorité » s'appliquant automatiquement puisqu'ils avaient moins de seize ans lors des faits.
Tous deux sont incarcérés à la maison d'arrêt de Luynes. Le plus jeune des prévenus, « a complètement conscience de ce qui s'est passé, contrairement à ce qui a été dit. Mais il ne le verbalise pas bien, c'est une défense psychologique. Il n'a jamais voulu blesser quelqu'un », explique Philippe Vouland, son avocat. L'adolescent venait de fêter ses quinze ans lorsque, la veille du drame, il participe à la réunion où la bande décide de « brûler un bus », pour imiter les émeutes de banlieue parisienne de l'hiver précédent. Selon son avocat, le jeune prévenu reconnaît être celui qui, le soir du drame, a ouvert la porte arrière du bus. Puis, alors que les passagers sortaient, il dit s'être éloigné du bus et n'avoir vu qu'ensuite le feu se déclarer.
Assise au fond du car, Mama Galledou sera très grièvement brûlée. Elle restera deux mois en coma artificiel avant d'entamer une lente rééducation, qui se poursuit aujourd'hui. Sa présence au procès est encore incertaine.