Un grand dauphin, également appelé dauphin au gros nez.
Un grand dauphin, également appelé dauphin au gros nez. - NASA

Difficile d’en tirer des conclusions mais c’est quand même une « petite surprise ». Pour la première fois, des scientifiques ont réussi à recenser avec précision les effectifs des grands dauphins qui vivent le long des côtes françaises. Pendant deux ans, une vingtaine de chercheurs, appartenant au Groupement d’intérêt scientifique pour les mammifères marins de Méditerranée (GIS3M), ont sillonné la Méditerranée, parcourant près de 21.000 km de Perpignan à Nice, en passant par Bastia et Ajaccio.

A chaque fois qu’ils apercevaient un grand dauphin, ils prenaient en photo son aileron qui permet de les identifier. Conclusion : il y a actuellement 714 grands dauphins qui vivent le long des côtes continentales et 149 près des côtes corses. Le grand dauphin, ou Tursiops truncatus, est une des espèces de cétacés les plus connues des scientifiques. Ils peuvent mesurer jusqu’à quatre mètres et peser 600 kg. En Méditerranée, on les retrouve près des côtes, leur habitat se situant généralement à moins de 200 mètres de profondeur.

Une bonne nouvelle mais…

« C’est la première fois qu’on réalise une évaluation de leurs effectifs », souligne Hélène Labach, chargé de projet au GIS3M, qui insiste sur le caractère inédit de l’opération : « Maintenant, pour savoir si la population augmente ou pas, il faudrait réaliser un suivi ». Les scientifiques restent donc prudents sur l’évolution de la population. Pourtant, de plus en plus plaisanciers et de plongeurs les croisent régulièrement le long des côtes.

« Ils ont l’impression d’en voir de plus en plus mais peut-être aussi parce qu’ils sont plus sensibilisés » à leur protection, avance Jérôme Couvat, de l’association Souffleurs d’écume qui a participé à l’étude du GIS3M. « C’est vrai que le chiffre, près de 900 individus, est assez élevé et c’est une bonne nouvelle en soi. On pensait qu’il y en aurait moins que cela et c’est d’ailleurs, une petite surprise (…). Mais le problème, c’est qu’on n’a pas les données précédentes pour comparer ».

 

Un dauphin près de Port Crau - SIPA

 

Une nouvelle application

Le seul chiffre de comparaison disponible provient d’une étude menée en 2011 dans le sanctuaire Pélagos, une aire marine protégée entre la France, la Corse et l’Italie, qui concluait à une population estimée entre 800 et un millier d’individus. « On est donc à peu près dans le même ordre d’idée, confirme Hélène Labach. Cela veut dire que les grands dauphins sont là, qu’ils sont assez nombreux et qu’il faut y faire attention ».

L’association Souffleurs d’écume a mis au point, il y a quelques années, un système de détection des cétacés pour permettre aux navires de les éviter. Baptisé le Repcet, il se développe petit à petit puisqu’il équipe désormais trois bateaux de la Méridionale, un câblier de la compagne Orange Marine, deux méthaniers d’Engie, une vedette de la Direction interrégionale de la mer, un remorqueur de la compagnie Bourbon et un navire de la Marine nationale.

>> A lire ici : Le Repcet, logiciel anti-collision

L’association vient de lancer, en complément, une application à destination des professionnels du tourisme. Les opérateurs spécialisés dans l’observation des baleines, le « whale-watching », pourront signaler sur leurs téléphones les cétacés qu’ils croisent. La localisation sera envoyée à tous les navires équipés du système Repcet. En revanche, « afin d’éviter une augmentation de la pression sur les animaux, ils ne recevront pas les observations faites par d’autres contributeurs du système », précise l’association.

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