500 manifestants ont défilé à Bruxelles.
500 manifestants ont défilé à Bruxelles. - SIPA

Plusieurs milliers de salariés et patrons de la sidérurgie européenne ont défilé lundi à Bruxelles contre la concurrence chinoise. Coiffés de casques blancs ou jaunes et revêtus de gilets aux couleurs fluorescentes, les 5 000 manifestants ont brandi des banderoles blanches appelant à « garder les emplois forgés en Europe ».

D’IG Metall --le puissant syndicat des métallos allemands-- au français Force Ouvrière en passant par le polonais Solidarnosc (mais sans la CGT), de nombreuses organisations représentant les salariés faisaient partie du cortège, coorganisé par Eurofer, la fédération des industriels européens de l’acier.

Un million de salariés

« Nous sommes venus pour préserver les emplois, on est en mode survie », a déclaré Jacques Rapp, 49 ans, cadre de l’aciérie ArcelorMittal à Fos-sur-Mer. « Il faut faire quelque chose pour que les nouvelles générations aient un avenir », a renchéri Henri Botella, délégué syndical de la CFE-CGC, également à Fos.

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L’Union européenne est le deuxième plus gros producteur d’acier au monde après la Chine, avec plus de 177 millions de tonnes par an, soit 11 % de la production mondiale. Environ 40 000 postes ont été perdus ces dernières années dans un secteur qui emploie directement et indirectement environ un million de personnes.

L’atelier du monde

Une délégation a été reçue par le président de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker. Le texte qu'elle lui a remisrejette l’éventuel octroi du statut d’économie de marché pour la Chine. La Commission européenne, qui négocie pour les 28 Etats membres, a en effet ouvert le débat à la mi-janvier et doit prendre une décision à la fin de l’année.

Si la Chine obtient ce statut, cela pourrait déboucher sur une forte baisse de ses droits de douane, lourde de conséquences pour tous les concurrents européens de « l’atelier du monde », des fabricants de panneaux solaires aux aciéristes.

A son entrée dans l’Organisation mondiale du Commerce en 2001, la Chine avait été enregistrée comme une économie non marchande, la question de son statut devant être réexaminée quinze ans plus tard, en 2016.

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