Fos sur mer le 24 juin 2013 - Le site d' arcelor mittal
Fos sur mer le 24 juin 2013 - Le site d' arcelor mittal - P.Magnien / 20 Minutes

Plusieurs milliers d’ouvriers et de patrons de la sidérurgie européenne se rendent ce lundi à Bruxelles, pour protester contre la concurrence chinoise qui déverse sur le marché des produits à prix cassés. « Les importations d’acier bradées en provenance de Chine, dont les volumes ont doublé depuis 18 mois, inondent le marché de l’UE, provoquant des fermetures d’usines et des suppressions d’emplois », a dénoncé la fédération Eurofer, qui réunit les industriels européens de l’acier et coorganise la manifestation.

Relayant ces inquiétudes, le président d’ArcelorMittal France, Philippe Darmayan, a exhorté l’Europe à défendre l’industrie européenne et française « par rapport à la menace chinoise ». Si le site de Dunkerque ne semble pas menacé, celui de Fos-sur-Mer fait face « à un certain nombre de risques », a-t-il ajouté, car il « s’adresse à l’ensemble du marché méditerranéen, qui est le marché le plus attaqué par la Chine ».

« La menace plane sur nos têtes »

En octobre, la direction du groupe a demandé à la DIRECCTE de pouvoir appliquer du chômage partiel « si nécessaire ». La mesure, qui peut être activée jusqu’à la fin du premier trimestre pendant six jours, pourrait s’appliquer à plus de 1.330 salariés. Grâce à un carnet de commandes bien rempli, la direction n’a pas eu encore besoin de la déclencher. Mais « la menace plane sur nos têtes », souligne Alain Audier, secrétaire général de la CGT.

S’il dénonce le « dumping » de la Chine qui vend son acier « à perte », le syndicaliste pointe également du doigt les responsabilités de la direction du groupe. « Il n’y a plus suffisamment d’investissement sur les outils, les hommes et les femmes de cette entreprise », assure-t-il. Après avoir fermé le centre de recherche et développement du site, c’est désormais la « centrale à énergie », qui alimente les hauts fourneaux, qui est « défaillante » selon lui.

 

Fos sur mer - Le site d' arcelorMittal - P.Magnien/20 Minutes

 

Pas de caution

« Normalement, il faut 80 millions d’euros d’investissement pour pérenniser le site. Cette année, on est tombé à 21 millions », précise-t-il. La CGT n’a pas appelé à participer à la manifestation de Bruxelles. « Nous refusons d’être utilisés comme caution par les entreprises qui ont, elles-mêmes, engendré la situation actuelle », indique le syndicat dans un communiqué.

L’usine d’ArcelorMittal emploie environ 2.500 salariés, ce qui en fait un des plus gros employeurs du bassin de Fos-sur-Mer. Il y a un an, le site avait embauché plus de 250 personnes supplémentaires. Ses deux hauts-fourneaux sont capables de produire jusqu’à 4 millions de tonnes d’acier par an. L’usine fabrique essentiellement des bobines qui sont exportées un peu partout dans le monde. Contactée, la direction du site n’a pas répondu.

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