Le site de MangeGarri le 8 octobre 2010, près de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône, où les résidus de bauxite produisent les "boues rouges"
Le site de MangeGarri le 8 octobre 2010, près de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône, où les résidus de bauxite produisent les "boues rouges" - anne-Christine Poujoulat AFP

Le dossier des « boues rouges » n’est pas encore refermé pour certains. Des associations de protection de l’environnement et de nombreux élus appellent à manifester samedi à 14 heures devant la préfecture de région, à Marseille, pour protester contre l’autorisation donnée à l’usine Alteo de rejeter en mer des effluents liquides « résiduels » en mer.

 

Cet arrêté pris le 28 décembre suscite toujours une vive opposition dans la région. « Aucun intérêt financier, industriel ou chantage à l’emploi ne justifie ce mépris pour la mer et la population du littoral (…). L’impuissance des élus n’a d’égal que notre légitimité à défendre nous-même notre santé, notre environnement et le capital marin à livrer à nos enfants », proteste ainsi les Collectifs Littoral qui organisent cette manifestation.

Pétitions à gogo

Si le Parc des Calanques et la mairie de Marseille se sont prononcés en faveur de ces rejets, d’autres collectivités, comme La Ciotat, les ont clairement condamnés. De nombreux élus de tous bords dénoncent aussi la décision du préfet et rappellent l’opposition de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, à ces rejets. Enfin, plusieurs pétitions ont été lancées sur Internet, dont une qui a recueilli plus de 100.000 signatures.

>>A lire ici : La Ciotat se soulève contre les boues rouges

Les professionnels de la mer se mobilisent également contre ces « effluents liquides ». Dans une lettre ouverte à François Hollande le 20 janvier, les pêcheurs côtiers de trois régions (Languedoc-Roussillon, PACA et Corse) rappellent que depuis des années, « ils se sont inscrits dans une dynamique de protection (de la Méditerranée) car la qualité du milieu conditionne la pérennité de leur métier ».

« Si nous ne voulons pas que les salariés d’Alteo se retrouvent sans emploi, nous ne voulons pas pour autant perdre nos métiers », ajoutent-ils faisant référence aux 700 emplois directs et indirects mis dans la balance par la direction de l’usine. Les pêcheurs ne demandent pas l’arrêt immédiat des rejets mais de « réduire le temps alloué à Alteo pour arrêter ses rejets » et de mettre « réellement en œuvre le principe du pollueur-payeur ».

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