Photo d'illustration d'un comptoir.
Photo d'illustration d'un comptoir. - Fred DUFOUR AFP

Les bars d’Aix-en-Provence vont devoir tirer le rideau plus tôt. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a pris il y a quelques jours un arrêté pour obliger les bars à fermer à 00 h 30, et non plus 2h comme auparavant. Cette mesure sera effective dès le 1er février et ce, pour une période d’un an. Elle concerne les établissements situés sur le cours Sextius, les places des Cardeurs, Ramus et des Augustins, les rues Félibre-Gault, de la Verrerie, Espariat, Frédéric-Mistral et d’Italie.

La préfecture de police donne ainsi raison à la mairie qui souhaitait depuis longtemps mettre fin à une dérogation datant de 2009 et autorisant les « débits de boissons » et restaurants à rester ouverts jusqu’à 2 h. Les riverains, relayés notamment par les CIQ, se plaignaient des nombreuses nuisances causées par les fêtards. Après plusieurs années de bras-de-fer avec les propriétaires des bars et restaurants du centre-ville, ils ont finalement obtenu gain de cause.

Un manque à gagner

« Alors que les multiples interventions et verbalisations des forces de l’ordre, de même que les tentatives de médiation et de régulation conduites en parallèle, n’ont pas permis de normaliser la situation dans ce périmètre, la réduction de l’amplitude horaire des établissements a pour objectif de lutter contre l’ivresse publique manifeste et les troubles connexes à l’ordre et à la tranquillité publics », justice la préfecture dans un communiqué.

Dans les bars, l’annonce a fait l’effet d’une douche froide. « C’est une catastrophe, s’alarme le gérant d’un pub de la rue de la Verrerie. C’est certain : on va prendre une claque au niveau du chiffre d’affaires. Je ne sais pas comment on va faire ». Pour « compenser » le manque à gagner, ce patron songe à ouvrir 7 jours sur 7. Quant au personnel, « on est cinq pour l’instant mais ce sera sans doute impossible de garder tous les postes », occupés pour certains par des étudiants.

La ville en compte environ 35 000. Grâce à eux, elle entretient l’image d’une ville jeune, dynamique et branchée. « Mais est-ce qu’on peut dire sérieusement à un étudiant de rentrer chez lui à partir de minuit ?, s’interroge la patronne d’un bar place des Cardeurs. Ils viennent faire leurs études ici parce qu’ils savent qu’il y a une vie nocturne. Mais si les bars ferment à 00 h 30, ils ne viendront plus. Alors oui, les CIQ seront contents mais en attendant, il n’y aura plus d’étudiant à Aix… »

Une pétition

Dans l’immédiat, la mesure ne fera que déplacer le problème, assurent les professionnels. « Ils vont acheter leurs bouteilles dans les épiceries et les consommer dans la rue ou leur voiture. Ou alors, ils iront chahuter dans leurs appartements. On verra à ce moment-là si c’est mieux pour les riverains », grince le patron du pub qui parle également d’une « mesure discriminatoire » : « Pourquoi certaines rues sont concernées et pas d’autres ? C’est de la concurrence déloyale ».

L’association « Pour Aix » a lancé une pétition contre cette mesure qu’elle juge « disproportionnée ». Son président, Florian Zwojsczyki, propose au préfet et à la mairie un compromis : fermer les bars à 00 h 30 pendant la semaine, et à 2h les week-ends. « L’activité nocturne, c’est ce qui fait en partie l’identité de la ville, explique-t-il. Et puis dans ces moments un peu difficiles, où l’on essaye de mieux vivre ensemble, je ne suis pas sûr que cette mesure soit un bon signal pour la jeunesse ». Contactée, la mairie d’Aix-en-Provence n’a pas donné suite à nos appels.

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