Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille.
Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille. - AFP

Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy a signalé à la justice une nouvelle série de virements dans l’enquête sur des soupçons de détournements de fonds publics au groupe UMP du Sénat. Parmi ces virements, 130.000 euros figurent au bénéfice du maire de Marseille.

Comme l’a révélé Mediapart, ces nouveaux éléments ont été versés en juin dernier à l’enquête déjà ouverte sur ces soupçons de détournements en faveur de sénateurs UMP, via deux associations (l’URS et le Crespi) alimentées par leur groupe, ou un compte bancaire à la banque HSBC.

Hubert Falco est également visé

D’après la source, Tracfin relève des virements entre 2012 et 2015, dont 130.000 euros au sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, et des dizaines de milliers d’euros au sénateur-maire de Toulon, Hubert Falco.

Les juges du pôle financier s’interrogent sur l’utilisation de ces sommes, alors que les élus perçoivent déjà du Sénat environ 7.100 euros d’indemnités mensuelles, quelque 6.000 euros par mois pour les frais de mandat et une autre indemnité pour rémunérer leurs collaborateurs.

Détournements de fonds publics

Les juges s’intéressent aussi à des sommes versées par le groupe UMP à ses sénateurs à chaque Noël (2003-2014), soit environ 8.000 euros qualifiés d'« étrennes ». Le groupe Les Républicains avait expliqué en juin 2015 qu’il s’agissait en fait d’un reversement car les sénateurs lui donnaient chaque mois 720 euros pour constituer sa trésorerie. Le président du groupe, Bruno Retailleau, avait mis fin à cette pratique lors de son arrivée en septembre 2014.

Les juges ont prononcé une mise en examen pour détournements de fonds publics à l’encontre de l’ancien secrétaire général de l’Union républicaine du Sénat (URS), François Thual, dont l’association recevait certains des fonds transmis aux élus.

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