La concurrence est ouverte (photo d'illustration).
La concurrence est ouverte (photo d'illustration). - AFP

Une nouvelle ligne de transport maritime entre la Corse et le continent a été lancée lundi à Bastia par la compagnie Corsica Linea, qui arme un navire battant pavillon danois. Le Stena Carrier est un cargo roulier ne transportant que du fret qui effectuera trois rotations hebdomadaires Bastia-Marseille.

Ce navire de plus de 21.000 tonnes, le Stena Carrier, devait appareiller à vide lundi soir de Bastia pour Marseille d’où il doit revenir mardi avec un chargement de remorques. Ce bâtiment embarque une trentaine d'hommes d’équipage « d’origine européenne ».

Cette nouvelle ligne, concurrente de la future ex-SNCM, est lancée par le consortium d’entreprises Corsica Maritima associé à l’armateur français Daniel Berrebi, tous les deux recalés à la reprise de la SNCM. Corsica Linea fera prochainement l’acquisition de deux autres navires permettant de transporter des passagers, à partir de février, sans recourir à la délégation de service public (DSP).

Les élus corses à Bruxelles

La CGT a qualifié ce lancement « d’entrave au service public » et déposé un préavis de grève reconductible à partir de mardi. De son côté, le Syndicat des travailleurs corses (STC) a annoncé qu’il pourrait bloquer le port de Bastia.

Le président du Conseil exécutif de la CTC, Gilles Simeoni, et celui de l’Office des transports de la Corse, Jean-Félix Acquaviva, seront mardi à Bruxelles, pour évoquer notamment la question des 400 millions d’euros d’aides publiques dont le remboursement était demandé à la SNCM. Ils chercheront aussi à obtenir des éclaircissements sur cette délégation, notamment la possibilité de l’attribuer ligne par ligne entre le continent et les ports insulaires.

Air Corsica en exemple

Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a indiqué lundi que « le moment est venu de mettre tout le monde autour d’une table et de définir une nouvelle stratégie de transport maritime dans l’intérêt de la Corse et des Corses ».

L’élu indépendantiste, qui a déploré le risque de « casse sociale » provoqué par le lancement de Corsica Linea, a plaidé pour la création d’une compagnie publique sous « la forme d’une société d’économie mixte » placée sous l’autorité de la CTC, comme c’est le cas pour la compagnie aérienne Air Corsica qui opère depuis 25 ans.

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