Rejet de boue rouge dans les Calanques: Ségolène Royal désapprouve la décision du préfet

ENVIRONNEMENT Le préfet de la région Paca est favorable à la poursuite d’activité d’Altéo...

20 Minutes avec AFP

— 

Ségolène Royal, le 1er décembre 2015 au Bourget.

Ségolène Royal, le 1er décembre 2015 au Bourget. — CHAMUSSY./SIPA

Le bras de fer continue entre Ségolène Royal et le préfet de la région PACA. La ministre de l’Environnement a « désapprouvé » mardi la décision d’autoriser le rejet de boues rouges dans le Parc national des Calanques (Bouches-du-Rhône), annoncée dans la journée par le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« L’ordre est venu du Premier ministre au préfet, direct », a déclaré la ministre de l’Ecologie à l’AFP. « Je désapprouve cette décision, je n’ai pas du tout changé d’avis, je pense que c’est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l’emploi », a-t-elle ajouté.

>> À lire aussi : La Ciotat se soulève contre les boues rouges

Le préfet a autorisé la poursuite d’activité de l’industriel Altéo et le rejet en mer, pour 6 ans, d’effluents résultant de la production d’alumine, en plein cœur du Parc national des Calanques. Plusieurs associations de défense de l’environnement et de riverains dénoncent la toxicité de ces boues rouges.

Pour Ségolène Royal, « il aurait fallu avoir le courage d’imposer à l’entreprise une mutation du site et une dépollution ». « Là, l’entreprise a obtenu une dérogation pour continuer à polluer », a-t-elle ajouté, espérant « qu’il y aura des recours pour que toute la clarté soit faite ».

Les pollutions marines, enjeu de la COP21

« Les dernières enquêtes de l’Anses (Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire) publiées il y a quelques jours ont bien montré qu’à l’endroit des rejets, il y avait une contamination beaucoup plus forte, notamment en mercure », une pollution « dangereuse pour la santé », a noté Ségolène Royal.

L’entreprise bénéficie « d’exonérations de paiement des taxes de pollution », ce qui représente « un cadeau de dix millions d’euros tous les ans », ainsi que de subventions publiques, a-t-elle encore fait valoir.

Par ailleurs, à la Conférence de Paris sur le climat (COP21) qui s’est tenue il y a quelques semaines, « on a fait inscrire un sujet sur l’océan, on a posé la problématique de la gravité des pollutions dans la mer », a rappelé la ministre.