Un Marseillais de 19 ans a été placé vendredi sous mandat de dépôt par le tribunal correctionnel et écroué à la prison des Baumettes pour avoir tué à coups de marteau le chat de sa mère qui refusait de lui donner de l’argent pour acheter du cannabis.

« Cinq à six pétards par jour » depuis ses 13 ans

Durant sa garde à vue, il avait avoué avoir égorgé deux autres chats au cours des mois précédents. Il avait notamment coupé la queue de l’un d’eux qu’il avait exhibée devant les yeux de sa petite soeur âgée de dix ans et de son frère. Vendredi devant le tribunal statuant en comparutions immédiates, le jeune homme a reconnu avoir tué le chat de sa mère, le 4 août mais « pour les deux autres chats, je ne me rappelle plus », a expliqué ce garçon au teint blafard, au regard vide et aux longs cheveux lui tombant sur les épaules. Il a également avoué une consommation de cannabis - « cinq à six pétards par jour »- depuis l’âge de 13 ans.

Dans lattente de son procès pour cruautés envers des animaux, qui se tiendra le 23 septembre, le tribunal correctionnel de Marseille a ordonné une expertise psychiatrique, plaidée par son avocate Me Céline Lendo selon laquelle « l’absurdité de l’acte pour lequel il comparaît s’inscrit dans un contexte familial très violent et très complexe. Il manifeste sa colère vis-à-vis de sa mère en s’en prenant à ses chats ». La procureure Marie-Blanche Régnier a elle aussi jugé cette expertise psychiatrique « plus nécessaire que jamais car nous sentons une problématique de violence familiale et sa responsabilité pénale doit être appréciée à l’aune de son état psychiatrique ».

Adolescent pyromane

Déjà condamné à trois reprises notamment pour des violences commises sur sa mère, le prévenu a expliqué qu’adolescent il allumait des feux. La procureure a justifié ses réquisitions de mandat de dépôt « pas réellement en raison des actes de cruauté envers ces chats mais davantage en raison du contexte intra-familial ». Son petit frère a fait état de violences sur la fratrie et, au domicile de la famille, les enquêteurs ont noté la présence de trous dans les murs provoqués par des coups de poing donnés par le prévenu.

« A chaque fois que je m’embrouille avec ma mère, je passe à l’acte », a-t-il confié aux policiers durant sa garde à vue. Il est le seul des trois enfants, tous nés de pères différents, à ne pas entretenir de relation avec le sien. « J’ai de la haine pour lui », a-t-il confié à un enquêteur de personnalité. La Société protectrice des animaux (SPA) s’est constituée partie civile à l’audience.