Un TGV postal en gare à Paris en 2006
Un TGV postal en gare à Paris en 2006 - MEIGNEUX

Après trente et un ans de bons et loyaux services, le TGV postal vient de boucler sa dernière liaison, entre Cavaillon et Paris. Le train jaune n°6996 a quitté Cavaillon samedi matin à 3h48, vers son dernier terminus, gare de Lyon, à Paris.

La Poste avait annoncé l’arrêt du service à grande vitesse en juin 2014. Les TGV postaux permettaient d’assurer une distribution à J + 1 sur certains plis en direction du sud-Ouest et du Sud-Est. Six rames simples, appartenant au distributeur de courrier, effectuaient les liaisons de nuit vers Macon (au nord de Lyon) et Cavaillon (au nord de Marseille).

Passage au J + 2

Mais la baisse des volumes distribués et le passage du standard postal à une distribution en deux jours (au lieu d’un) ont eu raison des trains jaunes. Nicolas Routier, le directeur général adjoint de La Poste, expliquait en 2014 que « ces TGV doivent être pleins pour que leur exploitation soit rentable ». Désormais, seule une lettre sur sept est distribuée à J + 1 au lieu d’une sur deux en 2007.

Le courrier transporté par les TGV sera désormais acheminé par camion. La direction de La Poste assure que l’impact du passage à la route sur le bilan carbone sera amoindri par l’optimisation du remplissage des camions, grâce à l’utilisation de remorques à double pont (rangement sur deux étages).

L’avenir du frêt ferroviaire

Le distributeur a surtout commencé la mise en place d’une plateforme de transport combiné à Bonneuil-sur-Marne, lui permettant de transférer des caisses de courrier sur des trains de frêt ferroviaire pour relier le nord au sud de la France.

En appliquant ce principe au transport non-urgent de factures ou de publicités, l’entreprise publique espère ainsi faire passer le taux de courrier transporté par rail de 5 à 8 % d’ici 2017.

Quant aux nostalgiques, ils peuvent toujours fouiller dans leur tirelire: La Poste a annoncé qu'elle cherchait un acquéreur pour les six rames de son TGV jaune. Prévoir un grand terrain, quand même.

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