RC Toulon: Retour sur une saison pleine de franc-parler

RUGBY Comme à son habitude, le président Mourad Boudjellal a multiplié les déclarations polémiques…

Caroline Delabroy

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Son franc-parler n’a plus à faire ses preuves. Les téléspectateurs de Canal + pourront d’ailleurs le mesurer lors de la prochaine Coupe du monde de rugby, où le président du RC Toulon, Mourad Boudjellal, fera notamment équipe avec Sébastien Chabal dans une émission quotidienne. A l’heure où Toulon boucle son mercato de la saison prochaine, avec des pourparlers semble-t-il bien avancés pour faire venir l’international anglais Matt Stevens, retour sur quelques-uns des sujets de prédilection d’un président qui, en à peine 7 ans, a porté le club à un niveau historique.

L’argent du rugby

Mourad Boudjellal rappelle souvent son itinéraire, celui d’un passionné de bande dessinée, qui a réussi à bâtir un empire en quelques années avec un Bouclier de Brunus (2014) et trois couronnes européennes consécutives (2013, 2014, 2015). Cela grâce à un recrutement étoilé et un budget - autour de 25 millions d’euros - le troisième du top 14 derrière Toulouse et Clermont.

Un modèle économique qui attise des critiques récurrentes, ce qui a le don de faire sortir de ses gonds Mourad Boudjellal. « À Paris, c’est davantage le “Stade Financé” que le Stade Français », a-t-il par exemple déclaré après la défaite de Toulon en demi-finale de Top 14. Ou encore dans cette interview au Figaro : « en Top 14, la plus grosse tricherie, ce sont les apports personnels énormes de présidents mécènes qui faussent les budgets. Moi je dois équilibrer mes comptes… »

« Le RCT dérange »

Le président du RCT cultive à loisir son image de trublion du rugby. « Le RCT a beaucoup dérangé, parce qu’on dit la vérité », a encore récemment déclaré le président toulonnais à La Provence. « Eh bien, nous, on a dénoncé et on est venus perturber tout ça. C’est pour ça qu’on ne nous aime pas, car depuis qu’on est là, ces gens savent pertinemment que s’ils font certaines choses pour briller, ils vont devoir faire attention. »

Le comportement du public

Le public n’est pas à l’abri des saillies de Mourad Boudjellal quand un comportement provoque sa colère, comme ce fut le cas au nouveau stade de Bordeaux durant la demi-finale perdue du Top 14. Des spectateurs ont sifflé Bakkies Botha à sa sortie du terrain. « Je ne sais pas qui sont les bâtards qui l’ont sifflé, mais qu’on l’aime ou pas, on respecte le dernier match d’un aussi grand joueur », avait par la suite commenté Mourad Boudjellal.

Les instances du rugby

Le président toulonnais le reconnaît volontiers : il râle souvent face « à la médiocrité » des dirigeants du rugby. Lors de la conférence de presse d’avant la finale franco-française contre Clermont à Londres, il a ainsi fustigé les représentants de la France à l’EPCR : « S’il y a un pays qui est leader et qui méritait de recevoir cette première coupe d’Europe, c’était nous. Mais on s’est couché ».

Autre exemple, lors de cette conférence de presse de novembre où Mourad Boudjellal s’en est pris à la Fédération internationale de rugby et son règlement, qui consiste à obliger les clubs à mettre à disposition leurs joueurs internationaux appelés pour les rencontres internationales : « C’est impossible que les fédérations ignorent que le rugby de club est une part importante de l’économie du rugby. C’est impensable de faire les calendriers internationaux sans consulter les clubs. Ce temps de la féodalité est révolu et on va les attaquer là-dessus ».

Bernard Laporte

Mourad Boudjellal y était aussi allé de sa proposition polémique pour sortir les Bleus de l’ornière, en proposant de détacher Bernard Laporte pour aider Philippe Saint-André. Son départ progressif annoncé pour 2016, de même que celui des stars Botha, Williams, Hayman et Massoe, ouvre une nouvelle ère au RC Toulon. Le président toulonnais a pour sa part confié son intention de repartir pour un mandat de cinq ans.