Marseille: Les associations d'aide à la personne poussent un «cri d'alarme»

SOCIETE Demandant une revalorisation des aides départementales, les professionnels organisent une journée blanche vendredi...  

Mickael Penverne

— 

Chaque année, le secteur accompagne 214 000 personnes en PACA.

Chaque année, le secteur accompagne 214 000 personnes en PACA. — Fred Dufour AFP

A dix jours des élections départementales, les associations d’aide à domicile de la région Paca se mobilisent. Rassemblées pour la première fois au sein d’un collectif, elles poussent un «cri d’alarme» évoquant un secteur en crise depuis plusieurs mois. «Actuellement, nous ne sommes plus en mesure de répondre aux besoins des personnes dépendantes et fragiles dont nous avons la charge», expliquent-elles dans un communiqué.

Le collectif pointe du doigt le différentiel entre le coût moyen de l’heure de prestation (22 euros) et le montant de l’aide personnalisée à l’autonomie (APA) versée par les départements (19,15 euros dans les Bouches-du-Rhône). «Il est urgent d’opérer d’autres arbitrages. La solidarité nationale et régionale doit s’exercer en portant les tarifs des prestations à domicile à la hauteur des coûts réels», indique Frédéric Dutoit, porte-parole du collectif et ancien député (PCF) des Bouches-du-Rhône.

Le collectif de l’aide à domicile a interpellé tous les candidats des élections départementales. Pour l’instant, seuls «7 ou 8» d’entre eux ont répondu. Les autres attendent de rencontrer le collectif pour prendre position, selon Frédéric Dutoit. En attendant, le collectif organise un rassemblement devant la préfecture des Bouches-du-Rhône, à Marseille, et une «journée blanche» vendredi dans toute la région.

Vieillissement de la population

Le secteur de l’aide à domicile emploie 45.500 salariés dans la région, soit 2,5% de la population active. Chaque année, il accompagne 214 000 personnes. En décembre, le gouvernement a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 25 millions d’euros. Dans un rapport publié en juillet, deux sénateurs du Pas-de-Calais, Dominique Watrin et Jean-Marie Vanlerenberghe, faisaient état d’un «système à bout de souffle à réforme d’urgence».

Selon les professionnels, la loi de Jean-Louis Borloo de 2005, destinée à favoriser le développement des services à la personne, a tellement bien fonctionné qu’elle a provoqué un appel d'air. En dix ans, le nombre d’entreprises dans le secteur aurait ainsi augmenté de 60%. «Or, dans le même temps, le nombre d’heures de prestation a stagné et les aides des collectivités se sont contractées», explique Jocelyne Cohen, de la plateforme de services CQFD, installée à Marseille.

La question de l'aide à domicile n'est pas anodine dans une région où la population à tendance à vieillir. En 2013, les plus de 60 ans représentaient 27,1 % de la population en Provence-Alpes-Côte d'Azur, selon l’Insee - leur nombre a augmenté de 21 % en dix ans. Parmi eux, les plus de 80 ans sont toujours plus nombreux (+39 % en dix ans). Ils représentent désormais 6,6 % de la population régionale.

«On comprend les contraintes et les économies budgétaires, conclut Sylvain Chabal, de la plateforme de services Dom’Inno basée à Avignon. Mais là, on ne parle pas d’un stade... On parle de l'avenir de notre société, de nos anciens. Quelle place leur fait-on? Et par extension: quelle sera notre place demain?»