Valérie Boyer.
Valérie Boyer. - P.Magnien / 20 Minutes

A l’UMP, on commence à sortir les couteaux pour les élections régionales. Alors que dans les Alpes-Maritimes, le nom de Christian Estrosi circule pour mener la liste, l’eurodéputé marseillais Renaud Muselier a fait un premier pas mercredi vers une candidature en affirmant qu’il «n’excluait rien» : «On a une obligation de gagner la région Paca, a-t-il déclaré chez nos confrères du Figaro. On a un impératif que Jean-Marie Le Pen ne la gagne pas. Il faut que les forces politiques de la région s’unissent: avec Jean-Claude Gaudin, Hubert Falco, Christian Estrosi, Eric Ciotti... et moi-même (…). Je n’exclus pas d’être candidat. Je n’exclus rien.»

«Mon nom circule»

La déclaration de Renaud Muselier n’est évidemment pas passé inaperçu – c’était le but d’ailleurs. «Ce n’est pas le moment, à un mois des élections départementales, de discuter de ce sujet, grince Valérie Boyer. Nous avons collectivement décidé d’une stratégie et il faut s’y tenir.» Selon la députée des Bouches-du-Rhône, tous les ténors de la région (Jean-Claude Gaudin, Hubert Falco, Eric Ciotti, Christian Estrosi, etc.) se sont mis d’accord, «il y a plusieurs mois», pour désigner la tête de liste aux régionales après les élections départementales des 22 et 29 mars. D’ici là, motus et pas de polémique. Sauf pour Renaud Muselier visiblement, qui se plaît à jouer au chien dans un jeu de quilles.

Dans un premier temps, Valérie Boyer tente de minimiser cette déclaration. «Pour moi, ce n'est pas une déclaration de candidature. Je l’interprète plutôt comme: "Je suis disponible". Voilà tout.» Avant finalement de mettre en joue son collègue marseillais: «Il s’est déjà présenté aux élections régionales (en 2004) et il n’a pas été élu, rappelle-t-elle. Comme il n’a pas gagné les dernières élections législatives face à Marie-Arlette Carlotti en 2012, dans une circonscription qui est juste à côté de la mienne d’ailleurs». Officiellement, Valérie Boyer n’a pas fait acte de candidature pour mener la liste aux régionales. Mais elle s’y prépare depuis quelques mois. «J’ai été sollicitée par des élus nationaux et régionaux. Et c’est vrai, mon nom circule».

«La seule députée»

«J’ai été sollicité parce que j’ai été élue dans des conditions compliquées, précise-t-elle. Je suis aussi, tout le monde le sait, une fille de rapatriée. J’ai été porteuse d’une proposition de loi sur la répression du négationnisme. Je suis également très engagée sur les questions sociales comme la rénovation urbaine. Enfin, je ne suis pas très ancienne dans la vie politique. J’en suis seulement à mon deuxième mandat». Elle avance un dernier argument: «Je suis la seule députée des Bouches-du-Rhône. C’est une chose importante à considérer en termes de parité».

Pour Valérie Boyer, ce serait définitivement «une bonne chose» que la liste soit menée par un ou plutôt une élue des Bouches-du-Rhône, «compte tenu du poids démographique du département». Le conseil régional compte 134 élus dont 51 des Bouches-du-Rhône – contre 27 pour les Alpes-Maritimes et 25 pour le Var, fait-elle remarquer. «Et puis, traditionnellement, le Var et le 06 sont UMP. L’enjeu des régionales se situe donc ici (dans le 13)», conclut-elle.

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