Près de 1,3 million d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche en Paca pour le premier tour de l'élection présidentielle. Et pour la troisième fois, droite et gauche vont tenter de briser l'hégémonie du FN. Car en Paca, depuis 1988, à la présidentielle, plus d'un votant sur quatre choisit Jean-Marie Le Pen.
Un test pour le FN. Depuis vingt ans, le leader frontiste a confirmé son ascension en Provence. Au premier tour en 1988, il est déjà deuxième, derrière Mitterrand, avec 24,5 % des voix. En 1995, il arrive en tête au premier tour avec 21,6 %, plus de deux points devant Edouard Balladur. L'élection de 2002 le consacre : il atteint 23,3 % au premier tour, contre 18,9 % pour Jacques Chirac. Quinze jours après, il cartonne à 27,7 % des voix, alors qu'il n'a atteint que 17,8 % en moyenne nationale. Les villes gérées par le FN ont été reprises (Toulon, Vitrolles) ou leurs maires ont quitté le parti (Orange, Marignane), mais leurs électeurs n'en soutiennent pas moins Le Pen. Le leader du FN a cependant fort à faire cette fois, puisqu'il est confronté, avec Nicolas Sarkozy, à un candidat de droite qui affiche clairement l'objectif de lui reprendre des électeurs.
Bouchées doubles pour l'UMP. Le défi est difficile pour l'UMP : depuis 1988, jamais un candidat de droite n'est arrivé en tête de la présidentielle en Paca. Nicolas Sarkozy a donc mis les bouchées doubles, multipliant déplacements et meetings, dont le dernier avant le premier tour, hier à Marseille. Sarkozy élu, plusieurs de ses soutiens provençaux pourraient se sentir pousser des ailes, comme Christian Estrosi, président du conseil général des Alpes-Maritimes et déjà ministre de l'Aménagement du territoire, Thierry Mariani, député du Vaucluse et porte-flingues du candidat, et Renaud Muselier, ancien secrétaire d'Etat, premier adjoint au maire de Marseille et premier secrétaire de la fédération UMP des Bouches-du-Rhône. Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et numéro 2 du parti, a d'ores et déjà annoncé qu'il ne serait pas candidat à un ministère, ni à la présidence de l'UMP.
Décisif pour le PS. A gauche, la présidentielle devrait peser lourd dans l'avenir de Patrick Mennucci, président du groupe PS au conseil municipal de Marseille et candidat aux législatives dans la 3e circonscription. Bras droit et soutien de la première heure de Ségolène Royal, Mennucci espère profiter d'une dynamique de victoire pour battre Jean Roatta (UMP), député sortant et fidèle d'entre les fidèles de Jean-Claude Gaudin. Un bon score du PS pourrait également décider Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône et « patron » de la fédération, à se lancer dans la bataille des municipales à Marseille contre le maire sortant.
bureaux Dans les Bouches-du-Rhône, les bureaux de vote ouvriront dimanche de 8 h à 18 h, sauf à Marseille, où ils resteront ouverts jusqu'à 20 h.
machines Seule la ville de Marignane a demandé et obtenu le droit d'utiliser les machines à voter pour recueillir les suffrages. Ailleurs, on en restera aux habituels bulletins, enveloppes et urnes.
carte Une fois que l'on est inscrit sur les listes électorales, il suffit de se présenter dans son bureau de vote muni de sa carte d'identité pour pouvoir voter.