Une première inquiétante pour le Réseau éducation sans frontières (RESF). Cet après-midi, un de ses militants, Florimond Guimard, est attendu devant le tribunal correctionnel d'Aix. L'enseignant, également porte-parole de RESF, comparaît pour « violence sur agent de la force publique » après sa participation à une manifestation à l'aéroport de Marignane, le 11 novembre 2006. Ce jour-là, un père de famille algérien sans papiers doit être expulsé par avion. Une cinquantaine de personnes, alertées par RESF, manifestent pour empêcher la reconduite à la frontière. L'expulsion n'a pas lieu, mais des heurts entre militants et forces de police éclatent. Près d'un mois plus tard, Florimond Guimard et une militante sont convoqués par la sûreté départementale. On leur reproche des agressions physiques et verbales contre des policiers. La militante sera finalement mise hors de cause. Florimond Guimard, lui, est convoqué devant la justice pour avoir, de sources policières, « foncé sur les forces de l'ordre à l'aide d'un véhicule caractérisant ainsi le délit de coups et blessures avec arme ». « Il a suivi la voiture des policiers avec la sienne et eux disent qu'il a essayé de les percuter », rétorque Claudie Hubert, son avocate, qui va plaider la relaxe et rappeler le contexte : « Il s'agissait de l'expulsion d'un père de famille qui remplissait les critères de la circulaire Sarkozy. » Florimond Guimard risque jusqu'à cinq ans de prison. Les principaux syndicats de l'Education nationale (SNUipp-FSU et Snes), dénonçant la « criminalisation de l'action militante », ont réclamé l'arrêt des poursuites.