Provence: Les producteurs de lavande sont inquiets

ENVIRONNEMENT Les lavandiculteurs dénoncent une réglementation européenne complexe et craignent de voir disparaitre la plante emblématique de la Provence...

Amandine Rancoule

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Le Mistral balaye un champ de lavande, le 30 juin 2006 à Charols, près de Montélimar.

Le Mistral balaye un champ de lavande, le 30 juin 2006 à Charols, près de Montélimar. — AFP PHOTO PHILIPPE MERLE

Près de 400 panneaux «lavande en danger» ont été plantés dans les champs du Vaucluse (84), des Alpes-de-Haute-Provence (04) et de la Drôme (26). Les lavandiculteurs ont décidé de faire directement appel aux consommateurs pour sauver la plante, symbole de la Provence. La réglementation européenne REACH pour enregistrement évaluation et autorisation des produits chimiques. L’Europe veut protéger le consommateur des produits chimiques, mais en intégrant dans sa directive les plantes et les huiles essentielles.

«Nous subissons des cadres réglementaires lourds à porter et le produit fini, c’est-à-dire l’huile essentielle, pourrait être menacé», indique Emilie Zamora, de l’union des professionnels des plantes à parfum, aromatiques et médicinales.

600 molécules différentes dans l’huile essentielle de lavande

Malgré l’extraction naturelle à la vapeur d’eau réalisée par les producteurs de plantes, la réglementation impose aux distillateurs de faire des tests physico-chimiques eux-mêmes sur l’huile essentielle. «Le test coûte près de 100 000 euros, ce sont des sommes affolantes pour nous, estime Alain Aubanel, le président de la fédération départementale Drôme Ardèche des producteurs de lavande et de lavandin. De plus, il faut en faire pour chaque molécule.»

L’huile essentielle de lavande en compte plus de 600 différentes, beaucoup plus qu’un produit de synthèse. «Il y a des molécules allergène ou irritante: les étiquettes des huiles essentielles vont se retrouver avec beaucoup de sigles dangereux alors que l’on a jamais vu une rivière polluée par la lavande», s’inquiète Alain Aubanel, également producteur à Chamaloc (26).

En octobre, les producteurs ont obtenu une rencontre avec Bruxelles pour parler du devenir des produits naturels, comme la rose, le jasmin, la lavande, le thym etc. Ils remettront une pétition pour «sauver la lavande» qui a déjà recueilli plus de 13 000 signatures. Ils devraient également demander à faire des tests sur les huiles dans la globalité et non pas molécules par molécules.

«La Provence sans la lavande, c’est économiquement le désert», estime Alain Aubanel. Selon le comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises (CIHEF), le nombre de producteurs lavandicoles, lavandes et/ou lavandins étaient de 1 240 en 2013.

Cette année-là, 50 tonnes d’huile essentielle de lavande ont été produites, soit une baisse de 5% par rapport à 2012. Et environ 1 050 tonnes d’huile essentielle de lavandin ont été produites en 2013. Soit une 8% de moins qu’en 2012.

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