« Tu tires ou tu pointes... s'il te plaît ! » S'il est difficile d'imaginer une partie de pétanque sans le son, les joueurs vont désormais devoir surveiller leur langage. Mi-janvier, la question de la violence physique et verbale sur les terrains a été au centre du congrès de la fédération nationale à Ajaccio. « C'est lié à l'actualité juridique [une loi sur la prévention des violences dans le sport votée en juillet], mais ces soucis ont toujours plus ou moins existé, note Xavier Grande, directeur administratif de la fédération sportive nationale. Ils se sont un peu amplifiés ces dernières années, du fait de la situation économique. L'argent est le premier problème de notre discipline. »
Sans atteindre le niveau du foot ou du tennis – un tournoi national rapporte entre 500 et 800 e –, l'appât du gain incite certains joueurs, y compris parmi les plus gradés, à contester l'arbitrage ou à troubler un adversaire. « L'humour a toujours été présent sur les terrains, mais là, on est passé de la galéjade à la déstabilisation professionnelle », note Hervé Basset, rédacteur en chef du magazine Boulisme. Autre source de conflits, l'alcool. Si la loi interdit la publicité et la vente de certains alcools, dont le pastis, lors des compétitions, « elle n'est pas toujours respectée », reconnaît Xavier Grande.
Les agressions physiques restent toutefois rares. « On n'en est pas au foot, on ne se met pas de gifles, tempère Hervé Basset. Pour les trois quarts des joueurs, la pétanque reste un sport convivial. » Pour le quart restant, les sanctions encourues n'ont rien d'une blague : jusqu'à deux ans de prison et 30 000 e d'amende pour des menaces et jusqu'à cinq ans de prison pour des violences.
S. Harounyan