La saga judiciaire continue pour Richard Armenante, l'ex-adjoint au maire de Marseille sous Vigouroux. Relaxé en première instance, il a été condamné en appel en 2002 pour une fraude fiscale qu'il conteste. Il vient d'obtenir un témoignage qui appuierait la plainte qu'il a déposée pour « complicité et abus de confiance ».
En 1996, après les déboires financiers de sa société SPMP Riviera, Richard Armenante dépose le bilan. Son dossier est alors « dépaysé » au tribunal d'Aix, « sans justification » selon lui. Guy Mariani, nommé administrateur judiciaire, écarte l'ancien élu, mis en cause pour des problèmes de TVA dans sa société. C'est sur ce « dépaysement » que porte le témoignage apporté en juillet par Alain Serieyx, président de la chambre régionale des comptes de Marseille de 1989 à 1998.
Celui-ci relate qu'en 1999, un personnage haut placé au tribunal de commerce l'aurait mis en garde contre Richard Armenante : « Avec nos amis, [...] nous avons décidé de faire dépayser son dossier à Aix, où nous avions un accord avec Mariani, un vrai requin, pour qu'Armenante y laisse sa chemise. [...] Nous le faisons souvent pour ceux qui, comme Armenante, se sont attirés des ennemis puissants. » Depuis, Guy Mariani a été condamné en 2000 à cinq ans de prison dont trois ferme dans une autre affaire. Selon son avocat, Maître Mattei, « les décisions du dossier SPMP ont été prises collectivement et Guy Mariani n'a jamais agi en son nom propre. Il nie ces accusations et ne souhaite pas s'exprimer ». Pour Richard Armenante au contraire, le témoignage d'Alain Serieyx, ainsi que trois autres venus étayer sa défense, sont autant de preuves du « déni de justice » dont il se dit victime. Entendu en septembre par la justice, il attend désormais « que l'on rétablisse [son] honneur ».
Stéphanie Harounyan