Interview d'Eric Witt, avocat de Richard Armenante.
Qu’apportent dans ce dossier ces nouveaux témoignages ?
Avant tout, il faut préciser qu’il est très rare d’avoir ce type de témoignage dans des dossiers de corruption. Ça arrive une fois sur cent. En général, les gens ont peur. Les faits sont déjà révélateurs en eux-mêmes. Mais interviennent désormais des personnes travaillant dans le milieu judiciaire qui corroborent ce que dit Richard Armenante depuis le début. C’est donc un élément capital. Ces témoignages étayeront la plainte que je vais déposer dès la semaine prochaine pour « complicité et abus de confiance », plainte qui complète celle déjà déposée en 1999.
Sur le strict plan juridique, en quoi le dépaysement de cette affaire est-il litigieux ?
Officiellement, le dossier a été dépaysé à Aix parce que Richard Armenante, adjoint de Robert Vigouroux, étant connu à Marseille. On aurait donc pu dire que le jugement du tribunal de commerce n’était pas partial. Mais on peut s’interroger sur certains points qui rendent ce transfert suspect. D’abord, tous les faits se sont déroulés à Marseille, il est logique que le dossier y soit traités. Ensuite, le fait même de le mettre entre les mains de Guy Mariani est étrange. Nous avons appris par la suite qu’une enquête était menée sur depuis 1981 à propos de faits pour lesquels il a ensuite été condamné en 2000.
Quelles sont les différentes actions en justice actuellement menées ?
La décision en appel contre Richard Armenante datant de 2002 est devant la cour européenne des droits de l’homme. Le but est de faire annuler cette condamnation, au motif que le juge d’appel a refusé d’entendre un témoin capital, qui avait pourtant été entendu en première instance où Richard Armenante a été relaxé. La cour européenne a déjà rendu sa décision, mais on ne connaît pas encore le résultat. Si la décision de la cour n’a pas valeur obligatoire, elle peut entraîner, si elle est favorable, un recours en révision. Les nouveaux témoignages vont aussi dans ce sens. L’autre procédure, c’est la plainte déposée par Richard Armenante. Ce qu’il veut, c’est que les personnes qui ont abusé de leur position importante s’explique et soient condamnées.
Recueilli par Stephanie Harounyan