Le tribunal de commerce de Paris a donné hier à la SNCM le contrôle de la Compagnie méridionale de navigation (CMN) dans la bataille qui oppose les deux entreprises maritimes pour la desserte publique de la Corse. Filiale de la SNCM, la CMN s'était alliée dans le courant de l'été à sa principale concurrente, Corsica Ferries, pour présenter une candidature à l'appel d'offres lancé par la collectivité territoriale de Corse. Le tribunal a estimé que le pacte d'actionnaire signé entre les deux entreprises avait été violé et a ordonné à la CMN de céder une part de ses actions à la SNCM, portant la part de cette dernière de 45 % à 80 % du capital. La décision devant être exécutée dès réception d'une lettre de validation signée par le ministre de l'Economie. Ce dernier doit dire si la prise de contrôle de la CMN par la SNCM constitue ou non une entrave à la concurrence.
La CMN a immédiatement annoncé hier son intention de faire appel du jugement. La compagnie maintient ses recours devant le Conseil de la concurrence et le tribunal administratif de Bastia pour faire annuler l'appel d'offres. « Il serait surprenant que le ministre dise qu'il n'y a pas entrave à la concurrence alors que la justice n'a pas encore statué sur le sujet », estime Pascal Wagner, secrétaire général du groupe Stef-TFE, actionnaire principal de la CMN. La collectivité territoriale veut attribuer avant la fin de l'année la desserte maritime publique de la Corse. Et les 90 millions d'euros de subventions sur six ans qui vont avec.
Frédéric Legrand