Dans la calanque de Port Miou, où se jette la colonne d'évacuation des boues rouges.
Dans la calanque de Port Miou, où se jette la colonne d'évacuation des boues rouges. - OD

amandine rancoule

Une manifestation en présence de José Bové et de Michèle Rivasi – députée européenne EELV –, organisée par un collectif de défense de l'environnement, est prévue ce vendredi, au départ de Port Miou. Objectif : demander l'arrêt du rejet, au large de cette calanque, de boues rouges, résidus liquides d'alumine fabriquée par l'usine Altéo, de Gardanne. Les boues se déversent en mer à plus de 300 mètres de fond, dans une fosse de 2 400 mètres de profondeur. Elles sont évacuées de l'usine via un tuyau d'une quarantaine de kilomètres, plongeant à sept kilomètres au large de Cassis. « Le tuyau est contrôlé tous les jours par des patrouilleurs et des capteurs mesurent, par exemple, le débit », explique Gilbert Magnan, élu FO et secrétaire du comité d'hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) à l'usine.

« Secret industriel »
Quelques pollutions ont déjà eu avec des boues rouges. « Il y a trois ou quatre ans, un cours d'eau a été pollué mais des poissons ont été réintroduits et l'impact a finalement été minime », assure Bernard Bastide, adjoint au maire de Gardanne. La ville prend part à des réunions annuelles avec l'usine et la Dréal sur l'évacuation des résidus. « Nous demandons l'ouverture à la société civile des réunions et des études scientifiques, indique Olivier Dubuquoy, du collectif. Il ne peut pas y avoir de secret industriel concernant la santé et l'environnement. » Depuis 1995, « nous avons recensé 200 études et publications scientifiques publiques sur l'impact de notre rejet en mer », souligne Altéo. La dernière étude date de fin juillet. « Des tests écotoxicologiques ont été réalisés sur du sédiment pris sur place, entre 265 et 1 065 mètres de profondeur, et il n'a pas été identifié de risque sanitaire lié à la consommation de poissons exposés aux résidus de l'usine de Gardanne », rapporte Altéo. Selon les engagements pris avec l'Etat, l'usine devrait progressivement réduire les tonnes rejetées en mer, jusqu'à les arrêter totalement en 2015.