«Il n’y a pas de mauvais voyageurs, mais des voyageurs mal informés», assure Julien Buot, directeur de l’association Agir pour un tourisme responsable qui co-organise la Journée mondiale du 2 juin sur ce thème. La première charte éthique du voyageur a ainsi été mise au point par le spécialiste du treck Atalante, après un voyage exceptionnel dans la vallée de l’Omo en Ethiopie.

Certains participants avaient enfreint la règle, pourtant acceptée au départ, de ne pas prendre de photos dans les villages. L’ignorance, sans doute, de l’impact auprès de populations jamais visitées. Cette charte, à laquelle d’autres voyagistes ont depuis adhéré, va fêter l’an prochain ses 20 ans. «Le tourisme responsable n’est pas la chasse gardée du tourisme d’aventure», insiste Julien Buot, qui nous livre quelques bons conseils en la matière.

1/Le choix de la destination

Certaines destinations comme le Costa Rica font consensus, de part la proximité avec la nature et l’offre importante en éco-tourisme. D’autres sont a priori plus surprenantes, à l’image de l’Afrique du Sud, «qui est un des rares pays à avoir mis en place depuis dix ans un label du tourisme équitable», indique Julien Buot. «L’île de la Dominique également avec sa certification Green Globe, et malgré son engagement en faveur de la chasse à la baleine», poursuit-il. Chaque année, un top 100 des destinations vertes est par ailleurs établi par l’organisation Green Destinations.

2/Ne pas négliger la France

L’étranger n’a pas l’exclusivité du voyage responsable. Outre les parcs naturels, «un modèle d’excellence de gestion durable des ressources», Julien Buot invite à chercher les initiatives territoriales, comme celle menée par la région Bretagne qui a développé un site dédié au tourisme responsable.

3/Pratiquer le «slow tourisme»

Pour Julien Buot, la question du transport aérien ne se pose pas réellement, à partir du moment où un système de compensation, des émissions carbone notamment, existe, comme c’est le cas chez de nombreux voyagistes qui l’intègrent dans le prix de leurs prestations. Pas question de se priver d’aller à la rencontre d’autres cultures, il s’agit plutôt d’essayer de prendre son temps, de privilégier les longs séjours (haro aux city-break!) et de laisser sur place le moins d’empreinte environnementale.

4/Adopter une attitude responsable

Cela commence par bien se documenter avant de partir sur les us et coutumes du pays visité. Sur le terrain, il faut se méfier des bonnes intentions qui peuvent se révéler néfastes et savoir rester à sa place de voyageur. «Il vaut mieux consommer responsable et payer par exemple le juste prix d’une nuit d’hôtel, qui permettra de payer correctement le personnel et des parents, plutôt que de donner de l’argent à des enfants regroupés sur les bords des routes», affirme Julien Buot, qui invite à «être humble», l’humanitaire devant rester l’apanage des professionnels.

5/Jouer la déconcentration

La Tour Eiffel? Mieux vaut, c’est une évidence, aller l’admirer tôt le matin ou le soir, plutôt qu’un dimanche midi. «C’est un conseil à la fois pour la qualité de l’accueil mais aussi la pression touristique autour du site», déclare Julien Buot. Et la recommandation peut s’appliquer à de nombreuses visites, plus encore pour le patrimoine classé de l’Unesco pour lequel cela représente un véritable enjeu.

6/Bien choisir ses activités

La randonnée est sans doute l’activité la plus éco-responsable qui soit. Mais sur le sujet, rien n’est simple. Julien Buot confie ainsi que la pratique du golf au Maroc ne lui provoque plus la même opposition radicale, après de récentes études d’impact replaçant le sujet dans un contexte plus global de gestion de l’eau. Mais la situation peut changer. «Les conditions d’un tourisme durable varient dans le temps et dans l’espace, il faut ainsi rester sans cesse vigilant», conclut-il.