ÉVASION - Avant que les différentes cultures successives habitent Gran Canaria, l'île était le refuge d'aborigènes Canarios.

De leur période aborigène, les terres de Gran Canaria ont gardé des souvenirs du patrimoine de ses premiers habitants. Villages, nécropoles, grottes présentent un éventail de sites préhistoriques.

L'histoire de l'île de Gran Canaria est intrinsèquement liée aux mythes et légendes. Certains voient en elle le continent perdu de l'Atlantide. D'autres, de leur côté, préfèrent croire que les terres de l'archipel étaient celles des îles Fortunées, lieu notable des Enfers antiques.

Mais, de manière moins onirique, il faut remonter au milieu du premier millénaire, avec Jésus-Christ. «Les Canarios, comme tous les autres peuples de l'archipel, venaient d'Afrique du Nord, explique Teresa Delgado, conservatrice du musée des Canaries. Ils étaient des descendants de Berbères et ont vécu seuls sur Gran Canaria jusqu'à la conquête espagnole du XVe siècle.»

Aujourd'hui, de nombreux vestiges de ce temps lointain peuvent être explorés. Un des sites les plus importants est le Cenobio de Valerón. «C'est une grange autochtone collective, explique Christophe Hissette, auteur du blog Canaries.net. Elle était composée de 298 compartiments qui stockaient des céréales et autres aliments.»

Des sites bien conservés

A quelques kilomètres de là, la cave peinte de Galdar. «C'est un peu la chapelle Sixtine des aborigènes de Gran Canaria», s'amuse Christophe Hissette. Découverte par hasard à la fin du XIXe siècle, elle est recouverte de dessins rouges, blancs et noirs.

Autour de ce bel exemple de l'art des Canarios, «un musée et un parc archéologique ont été crées», détaille le passionné. «Il y a beaucoup de sites témoins de la vie des aborigènes, mais mon préféré est celui de Gatón», avoue Teresa Delgado. Ici, les touristes peuvent visiter les ruines d'un village des Canarios avec ses quelques maisons, ses six caves et ses neufs sépultures.

Au nord-ouest de Gran Canaria, au pied de la pinède de Tamadaba, se dresse le parc archéologique du Maipés. Aménagé aujourd'hui pour être visité, ce site abrite un cimetière de la société aborigène mais aussi un tumulus haut de trois mètres et très bien conservé. L'île est parsemée de sites archéologiques préhispaniques qui permettront aux visiteurs de comprendre la riche histoire antique des Canarios.